Loisirs et bégaiement : de la passion à la restriction.
Salut ! Comment vas-tu ?
Cette semaine, je me suis dit qu’on allait parler un peu de mes loisirs. Bien sûr, comme tu peux t’en douter, nous allons aussi parler du bégaiement. Mais n’attendons pas plus longtemps et entrons directement dans le vif du sujet.
N’aimant pas particulièrement la télévision (sauf les séries américaines auxquelles je suis accroc), je passe beaucoup de temps à jouer aux jeux vidéo. Et oui, je suis un geek. Du PC à la WII en passant par la PS3, tu comprendras que je suis un gros joueur. Mais qu’à donc à voir le bégaiement dans tout ça et surtout, pourquoi je te parle de ça ? En plus du fait que j’en avais marre de parler de sujets « lourds », j’avais envie de partager avec toi mon univers. Ça nous permettra de mieux nous connaitre.
Donc, je suis tombé dans les jeux vidéo dès l’enfance et depuis, je n’ai pas arrêté (même si, depuis un moment et avec mes différentes activités, mon temps de jeu a chuté drastiquement). Avec les évolutions technologiques, les jeux vidéo sont passés de l’activité individuelle tellement décriée par les médias à une activité multi-joueurs (en ligne ou à plusieurs devant le même écran). C’est ainsi que sont apparus les MMORPG (les jeux de rôles en ligne massivement multijoueurs).
Tu dois sûrement connaitre World Of Warcraft ? Mais si, tu sais, le jeu faisant passer les joueurs pour des drogués psychopathes n’ayant pas de vie à part une vie virtuelle (ah les médias…). En réalité, plus qu’un simple jeu, ce genre de jeu communautaire permet de rencontrer et de tisser des liens avec des personnes (virtuels je te l’accorde) et surtout de se regrouper pour avancer ensemble au sein de ce qu’on appelle « une guilde ». C’est à ce moment que ce genre de jeux vidéo prend toute son ampleur. Je t’explique.
Pour avancer, il arrive à un moment où le clavier ne suffit plus. Les donjons se faisant en groupe (de 10 à 40 joueurs) et les monstres devenant de plus en plus difficile à vaincre, il est primordial de communiquer oralement. C’est pourquoi on nomme une personne « chef de guilde » et une autre « raid leader ». Ce sont ces personnes qui feront avancer la guilde. Tu vois où je veux en venir ? Et ouais, même dans les jeux vidéos, on est maintenant obligé de parler. Quelle place pour une personne bègue la dedans ? Et pourtant, j’ai eu moi aussi ma petite guilde à gérer et j’ai dû la faire avancer dans les donjons. Et ça se passait plutôt bien. Je me rappelle avoir d’ailleurs eu un bègue au sein de ma guilde. J’avais trouvé ça plutôt étrange à l’époque. Pourtant, dernièrement, voyant que mon bégaiement empirait, j’ai choisi de dire que je n’avais pas de micro plutôt que de devoir parler. J’ai cédé au côté obscur du bégaiement : l’évitement. Oui, tu peux me flageller, je t’y autorise.
En plus de cette vie virtuelle, le bégaiement a aussi été un vrai défi pour mes activités dans la vraie vie (« IRL » disent les geeks). Je me rappelle l’époque où les bornes de paiement n’existaient pas au cinéma. Et je me rappelle du stress pour dire « Bonjour, une place pour « Nom d’un film ». Idem pour le restaurant quand il faut commander. La difficulté étant que tu sais ce que tu dois dire et que tu ne peux pas faire semblant de réfléchir, au risque de passer pour un imbécile. Bah ouais, le nom du repas est marqué sur la carte. Même cette stratégie ne marche pas sur ce coup. Je me retrouve tout seul à devoir galérer avec mon handicap. Pourtant, jamais personne n’a commandé pour moi (ouais, j’en suis assez fier
).
Enfin, je suis aussi fan de jeux de société. Tu l’as peut être remarqué mais depuis quelques temps, ces jeux de société ne sont plus simplement familiaux. Fini le Monopoly, Cluedo et autre Bonne Paye. Maintenant, place à Time’s Up, Jungle Speed et autres jeux où il ne suffit plus de lancer un dé et d’avancer un pion pour gagner. Etant bègue, cela peut sembler difficile pour moi. Et en effet, ça l’est quand je dois expliquer les règles. Déjà que j’explique très mal, si en plus, le bégaiement vient me faire un petit « coucou », ça devient un véritable enfer. J’ai la chance d’avoir des potes compréhensifs. Par contre, bizarrement, je suis très bon aux jeux de « mots » comme Time’s Up ou Taboo. Le but du jeu étant de se faire comprendre dans un temps imparti, je devrais avoir du mal. Mais non. Cela restera un mystère pour moi…
Ce que je voulais te montrer au travers de cet article, c’est que même pour les activités les plus anodines et les plus amusantes, le bégaiement peut être un frein. Maintenant, il faut faire un choix : soit se lancer et s’amuser ou ne rien faire et passer à côté de bonnes tranches de rigolade. Pour moi, le choix est vite fait.
Bon allez, j’ai une soirée jeux à préparer, je te laisse. Je te souhaite une excellente semaine.
Romain
Un petit commentaire pendant que t’es en pleine partie si j’ai bien suivi
Non juste pour dire que pour moi, le jeu était plutôt un moyen d’oublier mon bégaiement et que ma parole était bien plus libéré lors des jeux auxquels j’ai pu jouer. Je bégaie finalement beaucoup moins en situation de jeu qu’autrement. Je n’ai jamais joué aux MMORPG, mais j’ai fait pas mal de jeux de rôles (type Vampire la mascarade, ou Ambre).
De ton côté, bégaies-tu de la même façon en jouant qu’en tout autre situation ?
Tu as bien deviné Alexandre. Je viens de lâcher ma manette de PS3 pour répondre à ton commentaire
.
Avant tout, bienvenue sur mon blog. Je crois que c’est ton premier commentaire (et je n’espère pas le dernier).
Sinon, oui je pense que je bégaie de la même façon en jouant qu’en toute autre situation.
Quand tu parles de jeux de rôle type Vampire la mascarade, j’imagine que tu parles du jeux de rôle papier ? Je te demande ça car je sais qu’il y a eu un jeu vidéo. Pour ma part, j’en ai fais pas mal il fut un temps, dans mes années lycée. Mais je n’ai jamais réellement accroché. Je n’arrivais pas à rentrer dans la peau de mes personnages.
D’ailleurs, la question que je me posais : le jeu de rôle peut-il s’apparenter au théâtre pour les vrais rôlistes ? Tu en penses quoi ?
Merci de ton accueil ^_^
Oui, il s’agit du jeu de rôle papier. J’ai eu la chance d’en faire avec un groupe d’amis avec lesquelles je m’entendais super bien. Le JDR nous passionnait, du coup on passait des journées et des nuits à s’imaginer des aventures de folie, tout ça avec une cohérence avec le même personnage sur plusieurs années de jeu. C’était fabuleux.
Pour la comparaison avec le théâtre, je ne saurais te dire, n’en ayant jamais fait et n’étant absolument pas attiré par cette activité. Cependant, tu as pendant le JDR pas mal de séquences où tu t’interroges entre PJ et où tu n’es pas directement dans la peau de ton personnage. Pour moi, ça me semble quand même bien différent.
En faite, la véritable question que je me posais en te lisant était : est-ce que, comme certains bègues au théâtre, le fait de jouer un personnage, permet de moins bégayer ?
Et est-ce donc la raison de ta relative fluidité lors des parties de JDR ?