Le groupe orthophonique ou l’importance de la dynamique de groupe dans la rééducation du bégaiement

mai 27, 2012

Salut !

Comment vas-tu par ce beau dimanche ensoleillé ? Ahh ça fait du bien de retrouver le soleil, tu ne trouves pas ? Surtout après un début de semaine froid.

Cette semaine, j’ai envie de te parler de mon groupe d’orthophonie. Je t’avais déjà expliqué que je participais à un groupe organisé par mon orthophoniste. Mais est-ce que je t’avais dit en quoi ça consistait ? Non ? Rohhhh ! Honte sur moi ! Je vais réparer mon erreur de ce pas.

 

L’intérêt du groupe orthophonique dans la rééducation du bégaiement

A la différence du Self-Help, le groupe orthophonique a un réel but thérapeutique. Nous sommes un groupe de 6/7 personnes entre 17 et 26 ans (le 26, c’est moi depuis une semaine héhé). Les séances durent 2h (entre 18h et 20h) et ont un rythme mensuel.

Le début de la séance se passe toujours de la même façon. Nous devons nous présenter les uns après les autres en faisant attention à bien regarder notre interlocuteur. Ensuite, les activités varient en fonction des séances. Parfois, nous participons à un débat organisé par l’orthophoniste ou un atelier ayant pour but de nous faire appliquer nos techniques de parole. Par exemple, dans le groupe de vendredi, nous devions tirer d’un sac un objet au hasard et inventer « sa vie ». Au-delà des bonnes tranches de rigolade, cet exercice a montré que nous étions tous fluides quand nous sommes concentrés sur le fond plutôt que sur la forme.

J’avais déjà fait ce constat au cours d’un exposé en 2ème année. Je devais présenter devant la classe un exposé que je n’avais pas du tout préparé. Et figure toi que ça s’est super bien passé. Pourquoi ? Parce que j’étais concentré sur ce que j’allais dire et non sur comment j’allais le dire. L’expérience s’est réitérée lors des oraux des concours de master. En étant concentré sur le fond de mon discours, j’en avais complétement oublié la forme (donc le bégaiement). Et j’étais relativement fluide. Si tu peux, fait toi-même l’expérience en choisissant d’exposer oralement sur un thème que tu n’auras pas du tout préparé.Ca m’intéresserait de connaître le résultat.

 

L’importance de la dynamique de groupe dans la compréhension du bégaiement

Ce qui est intéressant dans ce groupe, ce sont les jeux de rôle. Ces jeux de rôle ont pour but de nous montrer nos comportements et de nous donner les outils pour nous en défaire. Par exemple, une fois, j’ai dû jouer le rôle d’une personne qui coupe la parole sans arrêt. Et je me rends compte que c’est ce que je fais tout le temps. Par peur de bloquer sur le premier son, je préfère commencer à parler avant que mon interlocuteur ait fini sa phrase. Je m’en suis rendu compte grâce à ces exercices. Il ne tient maintenant qu’à moi de changer.

Comme je l’ai dit, au travers des ateliers et jeux de rôle, le but est de pratiquer nos techniques de paroles au sein d’un groupe et d’instaurer donc une sorte de dynamique de groupe. Et malgré nos différences d’âge, je dois dire que ça marche plutôt bien. Je ne sais pas pour les autres mais personnellement, je prends beaucoup de plaisir à participer à ces séances. Surtout qu’entre chaque séance, on doit définir un objectif et s’y tenir. Pour des raisons personnelles, j’ai quelques difficultés à m’y tenir en ce moment. Dans quelques semaines, ça ira mieux et je pourrai redevenir actif dans ma thérapie plutôt que de subir mon bégaiement.  Mais je reste dans ma volonté de toujours positiver. Car, selon moi, il n’y a que comme ça que je pourrai avancer ;).

En tout cas, si tu doutes encore de l’intérêt à suivre une thérapie orthophonique, j’espère t’avoir donné l’envie de retenter ta chance. Dans les commentaires que me laissent mes lecteurs, je remarque que beaucoup n’y croit plus. C’était aussi mon cas il y’a quelques années. Mais je garde espoir. Car c’est tout ce qu’il me reste : l’espoir de reprendre du plaisir à échanger avec autrui et de dire ce que j’ai envie de dire sans devoir me contrôler ou forcer. Est-ce un combat perdu d’avance ? Je te dirai cela dans quelques années.

En attendant, passe une excellente semaine et à mercredi pour ma revue de presse hebdomadaire.

Romain

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Revue de presse (16 au 22 mai)

mai 23, 2012

Salut !

On se retrouve pour une nouvelle revue de presse. Allez, trêve de bavardages, passons aux articles :

 

Bégaiement : 

- Béranger est bel et bien de retour ! Voici sa nouvelle vidéo :

http://www.jebegaie.com/1/post/2012/05/au-secours-mon-bgaiement-est-de-retour-que-faire-en-cas-de-rechute-quelques-conseils-pour-sen-sortir.html

- Un excellent article de Patrick_G : faut-il lutter ou non contre le bégaiement :

http://arreterdebegayer.over-blog.com/article-odyssee-du-begaiement-105412062.html

- Info de dernière minute ! L’Association Parole Bégaiement a enfin sa page Facebook. Allez aimer et partager ! C’est pour la bonne cause ;) . Voici le lien :

https://www.facebook.com/AssociationParoleBegaiement

Confiance en soi :

- Se faire marcher sur les pieds n’est pas agréable (aussi bien physiquement que mentalement). Voici quelques conseils utiles :

http://www.demainjechange.com/2011/03/25/comment-arreter-de-se-laisser-marcher-sur-les-pieds/

 

Développement personnel :

- La gestion du temps est réellement un sujet contemporain :

http://www.auto-coaching.com/2012/05/gestion-du-temps-comment-survivre-dans.html?utm_source=Twitter&utm_medium=post&utm_campaign=Temps%2Bcomment%2Bsurvivre

- Tu veux gâcher ta vie ? Voici le mode d’emploi :

http://www.demainjechange.com/2012/05/18/8-conseils-pour-gacher-votre-vie-a-coup-sur/?utm_campaign=anti-regrets.fr&utm_source=sebrenou

- Comment apprendre à penser positif :

http://www.demainjechange.com/2011/03/05/poursuite-du-bonheur-comment-changer-sa-perspective-des-evenements/

- Tu manques de motivation ? Voici quelques conseils :

http://www.coaching-vie-futee.com/comment-creer-un-dispositif-motivant-efficace/

- Comment analyser et surmonter la phobie sociale :

http://www.surmonter-timidite.com/comment-surmonter-la-phobie-sociale/

- Un article très court pour apprendre à se faire de nouveaux amis :

http://www.penseespositives.net/2010/02/comment-se-faire-de-nouveaux-amis.html

- Tu es un peu trop émotif ? Voici comment apprendre à gérer tes émotions :

http://www.demainjechange.com/2011/09/23/emotions-les-ressentir-les-respecter-les-exprimer/

 

Divers :

- Un petit conte sur la chance :

http://www.histoire-positive.com/qui-peut-dire-si-vous-avez-de-la-chance-ou-non

 

Encore une fois, les articles sur le développement personnel prennent le dessus. Mais nous avons aussi 2 articles sur le bégaiement cette semaine ! Merci à Béranger et à Patrick_G pour leur excellent billet. Et n’oubliez pas de vous rendre sur la page Facebook de l’APB ! :)

Bonne lecture à et dimanche :) !

Et comme d’habitude, n’hésitez pas à aimer, partager ou commenter. Merci !

Romain


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Rencontres (deuxième partie : mon père)

mai 20, 2012

Salut !

Comment vas-tu ? Moi ça va impec.

Depuis ma dernière interview, j’ai reçu pas mal de demande d’une interview de mon père (qui je le rappelle est bègue lui aussi). Etant de bonne humeur, j’ai décidé, dans ma grande mansuétude, d’accéder à la requête du plus grand nombre. Voici donc, en exclusivité mondiale, l’interview de mon père :

 

Avant tout, comment vas-tu ?

Bien. Je suis en famille donc ça va (sourire).

Peux-tu te présenter à mes lecteurs ?

Je m’appelle Alain et j’ai 53 ans. J’ai deux enfants, une femme, deux chiens, un chat. Je suis commerçant en commerce de service (ndr : il tient une boutique de cordonnerie sur Paris). Ah et j’oubliais : je suis un grand sportif.

Peux-tu nous parler de ton bégaiement ? 

Vaste question… Le bégaiement englobe tellement de trucs… Il englobe toute ma vie. Il englobe ce que je n’ai pas pu faire, ce que j’aurai pu faire. (il réfléchit) Faut être honnête, c’est une belle saloperie. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai vu un psy. Je voulais essayer de comprendre. D’ailleurs, je me suis souvent demandé s’il y avait un seul point positif à cet handicap. Je n’en trouve qu’un seul : la compassion. On essaye de mieux comprendre les autres et moins les juger. Mais le côté négatif, alors là, il faudrait des pages et des pages pour tout énumérer (rire). Le bégaiement engendre un véritable manque de confiance en soi. (Il fait une pause) Tu sais ce qui me plairait ? Ce serait de rentrer dans la peau de quelqu’un qui ne bégaie pas pour comprendre comment il fonctionne. Et me rendre compte, par exemple, si ceux qui ne bégaient pas ont autant les émotions à fleur de peau. En tout cas, ce que j’ai remarqué, c’est que, si tu ne te bats pas au quotidien, c’est plus facile de se mettre dans sa petite forteresse et de dire : « je ne parle plus ». Ce que j’ai souvent fait. Tu ne veux pas te mettre en danger donc tu évites de parler. Personnellement, je pense que c’est le sport qui m’a sauvé.

Comment ça ?

Je sentais que j’étais bon nul part sauf en sport. Il m’a redonné confiance en moi. Grâce au sport, tu vois que t’es pas plus mauvais qu’un autre. Et d’ailleurs, pour ma part, j’étais même meilleur que les autres (rire).

Ton bégaiement a-t-il évolué au fil du temps ?

Oui. Forcément. Je pense qu’il était pire avant. J’ai vu des psychologues et j’ai passé ma vie à essayer de le contrôler. Et je pense avoir réussi. Mais c’est épuisant.

Comment l’as-tu vécu étant enfant ?

Mal. Automatiquement, je pense que ça a engendré des complexes. Et ça, je pense que c’est irréversible. J’ai peur des gens et j’ai peur d’être face aux autres. J’ai peur d’être jugé. On parle d’agoraphobe dans ce cas là non ? Peut-être que le bégaiement a engendré ça chez moi. Comme une toile d’araignée, il rentre insidieusement dans ta vie. Il te ferme des portes. Par exemple, je me rappelle que, enfant, le pire était de passer sur l’estrade face aux autres en classe. Je ne faisais aucun exposé. Je préférais avoir 0 plutôt qu’aller sur l’estrade. Avec le temps et le recul, je me dis que j’aurais dû y aller. Je ne suis pas fier de moi sur ce coup, je l’avoue.

Et maintenant ?

Les dégâts ont été irréversibles. Il fait partie de ma personne. Je ne peux pas dire que je le vis bien. Pour moi, c’est un combat quotidien.

Cela a-t-il influencé « tes choix de vie » ?

Oh oui ! Comme je n’étais pas bon à l’école, je n’ai pas fais de longues études. Et maintenant, je me retrouve à avoir honte de mon job. Mais, parce que j’avais raté mes études, il fallait que je trouve un boulot. J’aurai évidemment préféré être meilleur en classe… Malgré cela, tout m’intéresse et je dois avouer que j’aime bien être autodidacte. Je crois que celui qui bégaye, moi y compris (sourire), n’est pas idiot. Tous les bègues que j’ai croisés étaient plutôt intelligents. Vu notre handicap, on a automatiquement un truc en plus ! Pour ma part, ce sont les émotions (rire).

S’il y avait quelque chose à refaire, ce serait quoi ?

(Il réfléchit longuement) C’est une question difficile… On m’a dit une fois : « si tu as la chance de revivre, que fais-tu ?  ». Si c’est comme ça, je ne reviens pas. Si c’est la même vie avec les mêmes problèmes, je ne refais pas un tour. Ca suffit une fois. Parce que, il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas facile. T’es toujours en train de tricher, de faire semblant. Toujours un peu en sur-régime… (Il fait une pause) Ou alors revenir muet. Comme ça plus de problème (rire).

Et concrètement, pense-tu que le bégaiement a gâché ta vie ?

Quand je vois mes enfants, non. Quand je vois ma famille, non. Mais, moi, je ne peux pas être heureux avec ça. Il y aura toujours un truc. Malgré tout, je ne pense pas qu’il ait gâcher ma vie. Il y a des moments sympas quand même. Et dans mes moments de doute, je me dis un truc : la vie est comme ça. Elle doit être un combat. Il y’a plein de gens qui ont des problèmes plus graves que moi, ils ne se plaignent pas. Personne ne souhaite être aveugle ou avoir un cancer. C’est comme ça. On préférerait tous être en bonne santé.

Bon, vu que c’est mon blog et que je n’aime pas me faire voler la vedette, on va revenir sur moi (narcissique moi ? Mais pas du tout voyons!). Qu’as-tu pensé la première fois que tu m’as entendu bégayer ?

« Oh putain, il est de retour… Il peut pas me lâcher celui-là ». Ta mère n’avait pas entendu. Moi si. Très vite, on sait exactement qui bégaye. La moindre ruse, on la connait. Peut-être que ça a ravivé ce qui était enfoui. C’est à ce moment que j’ai vu un psy. Tout revenait à la surface : les doutes, les angoisses… Et peut-être que tant que tu n’auras pas réglé ce problème, je ne serai pas complètement bien.

Et si tu avais un conseil à apporter aux personnes bègues de tout âge, quel serait-il ?

Houla, question difficile… Moi ce qui m’a aidé, c’est de voir des psychologues et orthophonistes. Maintenant, on peut être aidé. Tout seul, je ne pense pas qu’on puisse surmonter cet handicap (ndr : certains l’ont fait). Pour ma part, le psy m’a vraiment aidé. Je conseille donc d’aller voir les bonnes personnes. Et lire ce blog plus souvent bien entendu (rire). Et se dire que l’on n’est pas tout seul.

Pour finir, est-ce que tu as un truc à rajouter ?

Avant tout, je trouve ton blog super courageux. Je n’aurai jamais pensé à ça et j’espère que ça va aider des gens. C’est courageux de parler de ton handicap ouvertement. Je pense que quand on commence à parler de ce bégaiement, il commence à être vaincu. Il faut parler ! Mon père ne m’en a jamais parlé. Comme il ne m’en parlait pas, j’avais l’impression que c’était grave. Mais quand on parle, ça brise le tabou. Donc, parler de son bégaiement et briser le tabou !

 

Merci beaucoup.

 

Propos recueilli par Romain (je ne m’en lasserai jamais)

 

Tu as dû remarquer, avec cet interview qu‘il y’a une grosse différence entre la façon dont je vis mon bégaiement et la façon dont mon père vit le sien. Pourtant, nous sommes tous les deux bègues. L’époque joue beaucoup, je pense (il y a 50 ans, les outils et les aides actuels n’existaient pas) et les expériences de vie aussi.

Si j’ai voulu faire son interview, c’est parce que je sais que mon père a très mal vécu (et vis encore très mal) son bégaiement. Tu as dû remarquer les réponses assez… comment dire… noires à certaines questions. Pourtant, voici la vérité : à part moi (et les bègues qu’il a rencontré), personne ne remarque son bégaiement. D’après ce que m’a dit ma mère, elle ne l’a remarqué que parce qu’il lui avait dit. Comme quoi, ce bégaiement est bel et bien un combat à mener contre soi-même.

Aussi, je voudrais revenir sur son job. Mon père est et a toujours été un entrepreneur. Il a monté sa première boutique à 20 ans, a développé un réseau de franchise (qu’il a revendu) et a passé sa vie à bosser pour lui-même. Aucun patron au dessus de lui, personne pour lui dire ce qu’il doit faire. Il a toujours été indépendant. Maintenant, après avoir acheté les murs de son ancienne boutique, il loue les locaux (et hop un SMIC dans la poche) pour en créer une autre. Bégaiement ou pas, je trouve ça courageux.

Ainsi, il est ici flagrant que notre pire ennemi est réellement nous-même. Il n’y a que lui pour nous faire reculer. Aujourd’hui, nous avons tous les outils pour vaincre ce bégaiement. Utilisons-les ! C’est long, c’est fatigant mais, on a la chance d’avoir quelque chose que les bègues plus agés n’avaient pas : l’espoir de s’en sortir.

J’espère que cette interview t’a plu autant que la première. Je te dis, donc, à mercredi prochain pour ma revue de presse hebdomadaire :) . Je te souhaite de passer un excellent début de semaine.

Romain

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Revue de presse (9 au 15 mai)

mai 16, 2012

Salut !

Nouvelle semaine = nouvelle revue de presse. Alors quoi de neuf sur le web cette semaine ?

 

Bégaiement :

 

Confiance en soi :

 

Développement personnel :

 

Gérer son stress :

 

Voilà, c’est tout pour cette semaine (mais c’est déjà pas mal :) ). Comme tu peux le voir, le développement personnel fait jaser sur le web.

Si tu as envie de donner ton avis sur un article précis ou sur la revue en presse, n’hésite pas ! J’adore papoter :) .

Allez, à dimanche !

Romain

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Une étape indispensable pour en finir avec le bégaiement : la gestion du stress.

mai 13, 2012

Salut !

Comment vas-tu par ce dimanche ensoleillé ?

Comme tu l’as remarqué avec ma revue de presse de mercredi (pour te rafraichir la mémoire, rendez-vous ici : http://journaldunbegue.fr/quoi-de-neuf-sur-le-web-2-au-9-mai-2012/), je lis pas mal en ce moment. Et je m’intéresse beaucoup à la confiance en soi et au développement personnel.

 

Fluctuation de mon bégaiement en fonction des personnes et des situations

En fait, depuis quelques temps, j’ai remarqué que mon bégaiement fluctue beaucoup en fonction des situations et des personnes. Parfois, je suis fluide, parfois moins et parfois pas du tout.

Voici mon classement décroissant (donc du plus fluide au moins fluide) de mon bégaiement :

En fonction des personnes :

  1. moi-même
  2. ma copine
  3. mes parents
  4. ma famille
  5. des connaissances (grâce au contrôle… mais cela ne dure pas longtemps)
  6. des amis
  7. mes collègues
  8. un public de personnes inconnues.

 

En fonction des situations :

  1. je suis chez moi
  2. je conduis
  3. je suis au téléphone
  4. je dois parler devant un auditoire.

En plus de cela, je me rends compte que je me sens stressé, tendu et nerveux en ce moment. Est-ce d’ailleurs la cause de cette fluctuation ? Voici le classement des situations où… Nan, je déconne ! Les classements, c’est sympa mais faut pas en abuser. Trop de classement tue le classement dit-on. Bon, bref, j’en étais où… Ah oui ! Depuis, quelques temps, le stress m’envahit peu à peu. Je dors mal, je ne me sens pas dans mon assiette et surtout, j’angoisse vis-à-vis du futur.

 

Gestion du temps et gestion du stress : deux éléments importants dans la lutte contre le bégaiement.

Et ouais, ça ne parait pas comme ça mais je suis un grand angoissé. Mon médecin m’avait dit une fois : « vous, vous êtes quelqu’un de torturé ». Etant en pleine adolescence à ce moment, ça m’avait plutôt fait plaisir. Je pensais que les mecs torturés étaient classes. Et c’est vrai qu’ils le sont. MAIS SEULEMENT DANS LES FILMS ! Ça commence à me faire doucement chier… à m’embêter pardon ! J’aimerai bien pouvoir déconnecter mon cerveau juste une heure… Une toute petite heure. Ne plus penser à rien, faire le vide. Mais cet imbécile ne veut pas. Il continue à m’inonder de questions existentielles (ou juste stupides).  Et ces questions me bouffent de l’intérieur et m’empêchent de profiter du moment présent. Et c’est pourquoi je m’intéresse au développement personnel.

D’après ce que je peux lire, il y a des tas de façons de se déconnecter par la méditation. Pour le moment, entre le travail, le sport, les séances d’ortho et de psy et les sorties, je n’arrive pas à me laisser du temps pour tester la sophrologie et l’acupuncture. Mais ne t’inquiètes, tu seras le premier informé quand ce sera le cas. En tout cas, j’aimerai prendre le temps de me poser un instant mais j’avoue que je n’y arrive pas. J’ai tellement de choses à faire (plus ou moins utiles) que je n’arrive pas à prendre le temps de ne rien faire.

Ah le temps, j’en avais déjà parlé ici (http://journaldunbegue.fr/mon-rapport-au-temps/). J’aimerai apprendre à le dompter, à faire de lui mon pote. Mais il continue à être mon ennemi juré. Quand j’en veux moins, j’en ai trop, quand j’en veux plus, j’en ai pas assez. Dit donc, le temps, tu te foutrais pas un peu de moi par hasard ? Je pense que, toi aussi, tu as pu faire cette magnifique expérience de vie en classe : dans un cours ennuyant (disons nos cours de français du lycée au hasard), tu as l’impression que l’aiguille recule tellement le temps n’avance pas vite. Par contre, en examen, cette même aiguille trace sa route. Tu as beau lui dire « hého, calme toi un peu », elle continue de foncer en te laissant derrière elle, toi et ton air déprimé.

Mais trêves de digressions ! Revenons à notre méditation. J’ai lu énormément de trucs mais ce qui revient souvent, c’est la respiration abdominale. Je m’y suis essayé mais mon manque de motivation m’a rattrapé et j’ai préféré m’affaler devant la télévision ou les jeux vidéo. Une feignasse moi ? NAN !!! En tout cas, si tu arrives à te dégager 5min dans ta journée, parait-il que cet exercice est très efficace. Je te ferai partager mercredi prochain quelques articles sympas que j’ai trouvés sur la gestion du stress. Il y a plusieurs méthodes plus ou moins originales (dont une liée aux animaux de compagnie !).

Bon allez, je retourne me ronger les ongles. Mais, avant de te souhaiter une bonne semaine, j’aimerais te demander : et toi, quelle est ta méthode pour te déstresser ?

Comme d’habitude, tu peux laisser un commentaire juste en dessous ou me répondre par mail ou encore me faire un ptit coucou sur Facebook. Et ouais, j’suis un mec hyper connecté, tu as dû le remarquer ;).

En tout cas, passe une excellente semaine et à mercredi pour ma deuxième revue de presse.

Romain

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Quoi de neuf sur le web ? (2 au 8 mai 2012)

mai 9, 2012

Salut !

Comme promis, voici ma première revue de presse (ouais, je me la pète un peu j’avoue…). A partir de cette semaine, tu trouveras, chaque mercredi, une sélection d’article que j’ai appréciée. Voici la sélection de la semaine :

 

Article sur le bégaiement :

- Le nouveau Béranger est arrivé ! Voici une très bonne vidéo traitant du rapport entre contrôle du bégaiement et ressources cérébrales :
http://www.jebegaie.com/1/post/2012/05/mon-begaiement-prend-tout-mon-cerveau.html

 

Articles sur la confiance en soi :

- Des activités favorisant l’estime de soi :
http://www.surmonter-timidite.com/activites-favorisant-lestime-de-soi/
- Comment développer sa confiance en soi ? Par l’optimisme bien entendu :
http://www.surmonter-timidite.com/loptimisme-un-facteur-important-pour-ameliorer-la-confiance-en-soi-et-l%E2%80%99estime-de-soi/
- Vaincre sa timidité en 3 étapes :
http://www.demainjechange.com/2011/04/02/les-3-etapes-pour-vaincre-sa-timidite/

 

Articles sur le développement personnel :

- Quelques conseils pour trouver le bonheur :
http://www.penseespositives.net/2008/11/recettes-bonheur-vie.html
- Comment réagir en cas d’aggressions :
http://www.histoire-positive.com/on-vous-agresse-que-faire
- Quelques conseils pour développer sa sociabilité :
http://www.conseils-relationnel.com/etre-sociable/
- Ah ! La peur du changement… Quelques conseils pour franchir le pas :
http://www.coaching-vie-futee.com/comment-faire-face-a-la-peur-du-changement/
- Comment passer une bonne journée :
http://www.penseespositives.net/2011/07/le-secret-pour-toujours-passer-une.html

 

Tu pourras trouver l’ensemble des articles sur Twitter. Je partage également un article par jour sur Facebook.

Si tu as des commentaires ou d’autres suggestions de sujets d’articles que tu souhaites voir apparaitre, n’hésite pas à m’en faire part. Je suis tout ouïe ;) .

A dimanche pour un nouvel article ! :)
Romain

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Levons le mystère sur…

mai 7, 2012

Moi ! :)

Mais j’en oublie d’être poli : Salut ! Comment vas-tu ?

Avant tout, désolé pour le retard. J’ai eu une semaine un peu chargée et un week-end qui n’a pas aidé non plus. Mais, je suis là, je ne t’ai pas abandonné ne t’inquiètes pas !

Cette semaine, je dois t’avouer que c’est la panne sèche. Je me suis trituré l’esprit pour te parler d’un sujet passionnant qui te tiendra en haleine toute la semaine mais j’ai échoué lamentablement. Ainsi, comme toute personne qui ne sait pas quoi dire mais qui veut quand même s’exprimer : je vais te parler de moi.

Cela fait un petit moment maintenant que tu me suis dans mes « aventures ». Je pense que j’ai fait durer le suspense assez longtemps. Il est maintenant temps de lever le mystère sur pourquoi j’en suis arrivé à créer ce blog et quel est son but.

Notre histoire commence un 21 mai 1986. En fonction de l’année où tu lis ces lignes, tu en déduiras mon âge. Le bégaiement m’est tombé dessus très jeune. Comme je l’ai précisé dans mon article précédent, j’ai appris à lire et à écrire en allant voir ma première orthophoniste. Tu devineras donc que je vis avec mon bégaiement depuis maintenant quelques années.

Pourtant, cela n’a jamais été vraiment une gêne importante pour moi. J’ai grandis dans une famille aimante qui ne m’a jamais forcé à faire quoique ce soit. Mes parents sont plutôt du genre libertaires modérés (traduction : ils me laissaient faire ce que je voulais mais fallait pas déconner non plus !). Ainsi, la théorie des parents autoritaires ne marche pas sur moi. Je penche plutôt sur la théorie du choc émotionnel : naissance de mon frère un an après moi et choc de l’école et de la séparation avec les parents en tête. A voir avec ma psy.

Concernant ma scolarité, elle était plutôt bonne. J’ai été premier de ma classe jusqu’en 6ème et j’intervenais souvent en classe. Par la suite, mes résultats dégringolèrent jusqu’au bac que j’ai eu de justesse. Concernant mes oraux, ils se passaient souvent plutôt bien. Il n’y a que mon TPE, en terminal, qui fut catastrophique. Le fait de parler devant la classe m’avait complètement bloqué et j’ai dû demander à un camarade de prendre la parole à ma place. A ce moment, j’étais suivi par une orthophoniste (non-spécialisée) avec qui ça se passait très bien en séance. C’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter les séances orthophoniques qui ne furent qu’une perte de temps pour moi.

Après mon bac ES, j’ai poursuivi mes études en fac de psychologie. Cela faisait un moment que ce sujet m’intéressait. Je me disais que cela pourrait aussi être l’occasion de trouver peut-être des réponses à toutes les questions que je me posaient sur le bégaiement. Pourtant, la formation était particulièrement bouchée et moins intéressante que prévu. En plus de ça, je n’ai pas obtenu les réponses tant attendues. C’est pourquoi je me suis réorienté vers une école de commerce, bien plus professionnalisante d’après les rumeurs. Entre temps, j’ai travaillé en caisse dans une grande surface. Et figure-toi que ça se passait très bien la plupart du temps. J’avais quelques accrochages mais rien de bien méchant. Pourtant être caissier n’est pas le travail le plus relaxant. Mais cela m’a permis d’apprendre à garder son sang-froid en toute circonstance et d’avoir une expérience positive au contact des clients.

Les trois années d’école de commerce qui suivirent furent géniales. J’ai appris énormément de chose dont la prise de parole en public. L’apprentissage ne fut pas facile et j’ai essuyé quelques échecs mais au final, j’ai appris à me maîtriser pour être le plus fluide possible devant une assemblée. Ce qui fut une réussite la plupart du temps. Durant la même période, j’ai effectué deux années d’apprentissage dans une très grosse entreprise en tant qu’assistant commercial et marketing opérationnel (donc un poste où il faut souvent communiquer oralement). A ce moment-là, je me souviens que je bégayais mais j’y accordais de moins en moins d’importance (bien qu’il restait toujours dans mon esprit et que j’avais, par exemple, du mal à prendre le téléphone). La licence en poche, j’ai décidé de poursuivre mes études en master 2. J’ai donc passé les concours (écrit et oraux) de grandes écoles de commerce françaises. Et encore une fois, à quelques rares exceptions (le stress sans doute), cela se passait plutôt bien. Je butais sur certains mots mais rien de choquant.

Puis vinrent les deux années de master. Et là, ma fluidité subit une chute importante. Peut-être est-ce le fait d’être parti du cocon familial, peut-être est-ce l’angoisse de se dire que les études sont bientôt terminées et qu’il est temps de se demander quoi faire de sa vie. Je n’en sais rien. En tout cas, à ce moment-là, mon bégaiement s’est accentué violemment. A tel point que j’ai décidé de reprendre un suivi orthophonique.

Cela fait donc maintenant un an que je suis suivi par une orthophoniste. Et c’est grâce à elle si tu peux me lire aujourd’hui. Le travail effectué en séance m’a permis de relativiser sur mon handicap et de commencer à le comprendre. D’ailleurs, c’est le but premier de ce blog. Voici, en exclusivité mondiale, et pour toi, lecteur assidu, les 3 buts de mon blog :

  • Un but thérapeutique : je peux enfin parler et échanger ouvertement sur mon handicap. Et je dois avouer que ça fait énormément de bien ;
  • Un but informatif : j’aimerais faire connaitre cet handicap au plus grand nombre. Beaucoup trop de personnes souffrent de l’incompréhension des « personnes fluides ». J’aimerais, à travers ce blog, faire comprendre au grand public ce que vit réellement une personne bègue. Cette idée m’est venue après le visionnage du film « Le Discours d’un Roi » (très beau film soit dit en passant) ;
  • But ludique : je ne te cache pas que j’y prends du plaisir. Ce blog, c’est mon univers et mon espace perso. C’est comme si je t’invitais à la maison et qu’on discutait dans un siège confortable autour d’un verre au coin du feu (en hiver) ou en terrasse (en été).

Voila, tu en sais maintenant un peu plus sur moi :) .

Je profite de cet article pour t’annoncer les dernières évolutions du blog. A partir de cette semaine, tu trouveras chaque mercredi un récapitulatif des articles du web suivant plusieurs catégories (bégaiement, confiance en soi, développement personnel etc…). Mais si tu es trop impatient, tu peux aussi me retrouver sur Twitter et Facebook où je partage des articles (que je juge)  intéressants quotidiennement.

C’est le moment pour moi de te souhaiter une excellente semaine et à dimanche prochain !

Romain

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Les thérapies sont-elles nécessaires au rétablissement du bégaiement ?

avril 29, 2012

Salut !

Je me suis aperçu que l’interview t’a beaucoup plu. Ma copine ne s’attendait pas à avoir autant de succès. Maintenant, elle se prend pour une star… Je me demande si j’ai bien fais… Je crois que j’ai créé un monstre… Mais passons :) .

Cette semaine, au risque de te décevoir, il n’y aura pas d’interview. Tu es déçu, je sais. Mais toute bonne chose doit être consommée avec modération. Alors patience, il y’en aura d’autres, ne t’inquiètes pas.

Aujourd’hui, j’ai envie de parler du pourquoi et du comment j’ai décidé de commencer mes thérapies orthophoniques et psychologiques. D’après ce que j’ai pu lire et d’après les mails qu’on m’a envoyé (je salue d’ailleurs mes correspondants qui se reconnaitront), c’est un sujet qui fait débat chez les bègues : est-ce utile d’être suivi par un(e) orthophoniste et/ou un psychologue ? N’ayant pas les compétences pour répondre à cette question, je vais t’expliquer pourquoi, moi, j’ai choisi de débuter ces thérapies.

Mais d’abord, revenons un peu en arrière. Bon, je bégaie depuis tout petit, ça tu le sais. Ça m’a toujours un peu gêné. Pourtant, ça ne m’a pas empêché de poursuivre mes études et de travailler au contact des clients. En bref, j’ai toujours fait ce que j’avais envie de faire. Pourtant, depuis 1 an et demi, je sens que mon bégaiement est plus présent, plus handicapant même. C’est en faisant ce constat que je suis allé voir une orthophoniste spécialisée.

Pour rentrer plus dans le détail, depuis mes premiers mots, j’ai été suivi par plusieurs orthophonistes. D’ailleurs, d’après ma mère, j’ai appris à lire et écrire grâce à la première. Mais, comme un grand nombre d’entre vous, quand j’étais avec l’orthophoniste, ça se passait super bien. J’étais fluide. En situation réelle par contre, c’était plus problématique. Mais le bégaiement ne me gênait pas plus que ça. Je me rappelle même qu’à l’époque, je pouvais appeler mes copains sur leur fixe et tomber sur leurs parents sans que cela ne génère le stress de maintenant. C’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter le suivi orthophonique vers mes 15 ans.

Mais, une fois ma licence en poche, j’ai décidé de partir à Toulouse pour poursuivre mes études en Master. Et là, catastrophe ! Ma parole devenait de moins en moins fluide. Je me suis rendu compte qu’il était de plus en plus difficile de m’exprimer. Et je prenais de moins en moins de plaisir à parler. C’est à ce moment que je me suis dit que je devais faire quelque chose. Je ne pouvais pas rester comme ça. J’ai, donc, pris rendez-vous avec une orthophoniste spécialisée dans le bégaiement.

Ce qui est bien avec les orthophonistes, c’est qu’on a l’impression d’être écouté et surtout aidé. Ma thérapie a débuté il y a un an et je n’ai pas vu beaucoup de changement dans mon bégaiement. Pourtant, j’ai appris énormément de choses sur celui-ci et surtout, je peux maintenant en parler librement. Il ne faut pas se leurrer, après 25 ans de bégaiement, il ne va pas partir comme ça, d’un claquement de doigts (on aimerait tous que ce soit le cas hein ? :) ). Mais, qu’est-ce que c’est bon de se sentir aidé et d’avoir en face de soi quelqu’un qui s’y connait, un professionnel. Peu importe le temps que ça prendra, pour ma part, cette thérapie m’apporte du réconfort et de l’espoir. L’orthophoniste est une sorte de « guide » (ou de « coach » : ce nouveau terme à la mode), quelqu’un à qui on peut se référer. Certains croient en Dieu, moi je crois en moi. Et cela grâce à ce soutien apporté par ma thérapie. C’est beau ce que je dis, tu ne trouves pas ? Non ? Bon… Si moi, je trouve ça beau, c’est le principal ;P.

C’est au cours de cette thérapie orthophonique que m’est venue l’idée d’une thérapie psychologique. En fait, je suis intéressé par la psychologie depuis longtemps (j’ai d’ailleurs passé 2 ans en fac de psycho) et ça fait longtemps que j’avais envie de franchir le pas. Et là, tu dois te poser la question : qu’est ce qui t’as fait franchir ce pas ? La réponse tient en un seul mot : l’Iceberg (Alexandre l’explique très bien sur son blog : http://paroledebegue.free.fr/blog/index.php?post/2005/10/13/20-l-iceberg). J’en avais déjà parlé dans un article précédent mais pour te rafraichir la mémoire, dans le bégaiement, il y a une partie visible (les blocages, répétition de syllabes etc…) et invisible (on parle alors de psychologie). Il ne m’en a pas fallu plus pour prendre rendez-vous avec une psychologue et découvrir cette partie cachée.

On m’a déjà demandé : quelle est la différence entre un psychologue, un psychiatre et un psychothérapeute ? Voici un article qui répondra à cette question : http://www.pratique.fr/psychologue-psychiatre-psychotherapeute-differences.html. Ce n’est qu’un avis personnel, évidemment, mais pour le trouble du bégaiement, je trouve que le psychologue est plus apte à nous aider. Je vois plutôt le psychiatre comme un médecin soignant les problèmes mentaux. Or, le bégaiement n’est pas un problème mental, je le vois plutôt comme une phobie sociale. Mais rien n’empêche d’aller voir un psychiatre. D’ailleurs, si tu fais partie de ceux (ou celle) qui suivent une thérapie psychiatrique, n’hésite pas à venir nous faire partager ton expérience :) .

Mais revenons à nos moutons. Sincèrement et franchement (attention, j’emploie les grands mots), je conseille à tout le monde d’aller un jour faire un tour chez un psy. Oui, je sais, c’est cher (55€ la séance quand même et non-remboursable ma bonne dame) mais c’est particulièrement plaisant d’avoir une personne à votre écoute. L’être humain étant égoïste de nature, il ramène tout à lui. C’est pour cela qu’il est rare de véritablement « discuter ». La plupart des discussions sont en faites des monologues. Chez le psy non. Durant la séance, on ne parle que de soi et le psy nous écoute avec un air grave (si si, comme dans les films, j’te jure !). Et surtout, ce qui est bon, c’est qu’on peut balancer les pires saloperies du monde, ce qu’il y a de plus noir au fond de nous. Et tout ce que le psy dira c’est « hum hum… dites m’en plus ». Et toi tu continues à descendre de plus en plus bas, à mettre les mains dans ta boue cérébrale dans l’espoir de trouver un petit trésor brillant bien caché mais nécessaire à ton rétablissement. En gros, avant d’aller voir un psy, il faut le vouloir et il faut surtout être prêt à se découvrir. Personnellement, je trouve ce voyage extraordinaire. On vit une aventure crois-moi ! Bon, c’est pas Indiana Jones, c’est clair mais pas loin ! (j’exagère peut-être un peu).

En tout cas, tu auras compris que cet article n’est pas objectif. Pour moi, ces thérapies sont primordiales. Elles sont une sorte de chemin obligatoire pour m’accepter tel que je suis et peut-être en finir avec ce bégaiement. Après, il faut du temps (toujours lui), de la motivation et de l’argent (même si l’orthophoniste est remboursé). En résumé, il faut vouloir changer. Et cette décision n’est pas facile à prendre. J’en suis l’exemple type. Oui, je ne fais toujours pas mes exercices…

Je te laisse sur ces quelques mots. N’hésite pas à venir me faire un ptit coucou sur ma page Facebook. Si tu veux l’aimer aussi, fait toi plaisir. En plus de flatter mon égo, tu pourras trouver d’autres informations sur le bégaiement.

Sinon, je suis en train de me poser la question d’aller voir un(e) sophrologue et/ou un(e) acupuncteur. Je suis ouvert à tous conseils et témoignages sur la question :) .

Allez, je te souhaite une bonne semaine, profite bien de ton jour férié (ou du week-end prolongé si tu as la chance de pouvoir en profiter) et à dimanche prochain.

Romain

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Rencontres (1ère partie : ma copine).

avril 22, 2012

Salut !

Cette semaine, j’ai décidé de commencer ma série d’ »interview ». L’idée étant de voir ce que des personnes qui vivent (directement ou indirectement) avec le bégaiement pensent de celui-ci.

Pour commencer, quoi de plus normal que d’interroger la personne qui me connait le mieux : ma copine. Attention… C’est parti !

 

Avant tout, comment vas-tu ?

Et bien, ça va, merci. Je suis contente d’être la première à participer à ton blog.

Tu peux te présenter en quelques mots à mon lectorat ?

Je suis Alexia, j’ai 25 ans et je suis en train de finir mon bac+5 de contrôle de gestion. Ca fait maintenant plus de 2 ans qu’on est ensemble. Hum… Quoi dire d’autres… Il te faut autre chose ?

Non, ça ira, merci :) . Bon, passons aux choses sérieuses : est-ce que tu te rappelles de la première fois où on s’est rencontré ? Peux-tu l’expliquer en quelques mots ?

C’était pendant notre période d’apprentissage. Sur notre lieu de travail. C’est un de mes collègues apprenti qui nous a présenté. Il m’a fait rencontrer plusieurs personnes et toi en premier. J’ai trouvé que tu avais l’air sympa et que le costume t’allait plutôt bien (rire).

Et te rappelles-tu de la première fois où j’ai bégayé devant toi ?

C’était au même moment, quand tu t’es présenté. J’ai remarqué que tu bégayais. Ça ne m’a pas choqué plus que ça. Je ne savais pas si c’était parce que tu ne me connaissais pas où si c’était comme ça avec tout le monde.

Qu’as-tu pensé à ce moment-là ?

Comme je te l’ai dit, ça ne m’a pas dérangé plus que ça. Tu arrivais quand même à t’exprimer donc, pour moi, ça ne me posait pas de problème. Après, chacun à ses défauts et ses problèmes et ce n’est pas quelque chose qui est important pour moi.

Qu’est ce qui t’a plu chez moi ?

Ton humour. Tu m’as fait me sentir à l’aise tout de suite. Tu m’as permis de bien m’intégrer alors que je ne connaissais personne. Tu as été accueillant.

Mon bégaiement a-t-il influencé la vision que tu avais de moi ?

Ça a un côté plutôt touchant. Ça a un aspect humain. Dans la grosse entreprise dans laquelle on travaillait, tout le monde était en costume. En ne connaissant pas les gens, on se dit qu’ils sont tous pareils, ça donne un aspect impersonnel. Le fait que tu bégayes t’a rendu plus « accessible ». Tu n’es pas un groupe, tu es quelqu’un. Un individu à part entière.

Mon bégaiement t’a-t-il un jour énervé ?

Non, je ne crois pas. Ce qui m’énerve, c’est de voir que toi ça t’énerves. Moi, je suis assez patiente pour attendre la fin de ta phrase.

Est-ce que ce bégaiement t’a déjà rendu triste ou fait de la peine pour moi ?

Comme je l’ai dit, ce qui me gêne le plus, ce n’est pas le bégaiement en lui-même. C’est de voir que tu te bats contre ça. Je pense que si tu assumais complétement ton bégaiement, pour moi, il n’aurait plus d’importance. Ce n’est pas le bégaiement qui me gêne, c’est le comportement que tu as face à lui. Je me sens impuissante par rapport à ça car je ne sais pas comment t’aider.

M’as-tu déjà vu comme une personne dépendante ou handicapée à cause de ce bégaiement ?

Non, pour moi, tu n’es pas et tu ne seras jamais une personne handicapée. Ce n’est qu’un défaut de langage. Un peu comme le zozotement.

Allez, dernière question : si tu avais le choix, que changerais-tu chez moi ?

(rire) Alors ça ! Déjà le style que tu te donnes (trop macho) et ta passion trop excessive pour les jeux ! Il y en a sûrement beaucoup d’autres mais je ne les ai pas en tête.

Pas le bégaiement ? Pourquoi ?

Ça ne me gêne pas moi. Ca ne gêne que toi. Je m’y suis habitué, il ne me dérange pas.

Propos recueillis par Romain (j’ai toujours rêvé d’écrire ça).

Merci pour ta participation. Tu peux retourner à tes activités. Moi, je reste un instant avec toi, lecteur, pour un court débriefing.

Comme tu as pu le voir au cours de cette interview, le bégaiement n’empêche pas de faire de belles rencontres. Comme tout le monde, j’ai pris énormément de « râteaux ». Mais en persévérant encore et encore, je suis parvenu à rencontrer une personne qui me comprends et me voit comme je suis.

Comme je l’ai lu quelque part, le bégaiement nous permet facilement de faire un tri entre les personnes qui valent le coup et les autres. Ainsi, si j’ai pu en trouver une, pourquoi pas toi ? ;)

Bon allez, il est temps de te souhaiter un bon dimanche et un bon courage pour la semaine qui arrive .

Romain

 

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Après 3 mois d’existence du blog, premier bilan sur mon bégaiement.

avril 15, 2012

Salut !

Comment vas-tu après cette petite semaine pluvieuse et froide ?

Avant tout, excuse-moi pour la semaine dernière mais je n’ai vraiment pas eu de temps pour moi. Cela sera évidemment exceptionnel. Sinon, j’ai remarqué que cela fait 3 mois que mon blog est en ligne. 3 mois que je te raconte ma vie et que tu me lis avec attention et fidélité. J’avais donc envie de revenir sur cette période et de faire une sorte de bilan trimestriel.

Il s’en est passé des choses en 3 mois ! J’ai repris ma thérapie orthophonique (que je n’avais pu continuer à cause d’une expatriation à Barcelone), j’ai commencé une thérapie avec une psychologue, j’ai fini ma formation théorique, j’ai cherché un stage de fin d’étude (que j’ai trouvé) et surtout, j’ai pris du recul vis-à-vis de mon handicap. Mais voyons ensemble ces éléments un par un.

La thérapie, tout d’abord, m’a été et m’est encore aujourd’hui particulièrement utile (voir indispensable). Depuis 3 mois, la partie visible de l’iceberg (image favorite des orthophonistes ;) ) n’a pas beaucoup évolué. Autant te dire qu’elle ne craint pas encore la fonte des glaces et le réchauffement climatique. En fait, je bégaie toujours autant et ça continue à m’ennuyer. Ayant un travail où la communication est primordiale, j’ai du mal à accepter mon handicap.  Par contre, la partie immergée de l’iceberg est en mouvement. Elle l’a toujours été mais j’ai l’impression que le mouvement est beaucoup plus important aujourd’hui. Les choses bougent mon ami !

Je commence à prendre conscience de choses dont je n’avais pas conscience avant. A la manière d’une série télé à suspense, certaines questions commencent à trouver une réponse. Mais il reste encore un bon nombre de mystères à résoudre. Ainsi, moi qui pensais (ou voulais penser) assumer mon bégaiement, je me rends compte que j’ai encore un long chemin à faire. Assumer pleinement son handicap demande énormément de temps et d’effort.

Bégaiement ou pas, je dois t’avouer que je me suis toujours senti différent. Mais j’aimerai vouloir être différent, pas subir une différence visible et « honteuse ». Car oui, comme beaucoup de bègues, mon bégaiement me fait honte et brise ma fierté (rassure toi, il m’en reste encore beaucoup). J’ai honte de bégayer devant les autres et c’est cela qui entretient cette spirale infernale : la honte et la peur de bégayer entraîne une appréhension à prendre la parole qui se transforme en véritable peur et en stress entrainant à son tour les fameux blocages et répétitions de sons. Voilà ce sur quoi je dois travailler dans un futur proche.

Ensuite, j’aimerai parler de la recherche d’un emploi/stage pour un bègue avec le fameux passage de l’entretien. Si tu as bien suivi mes articles, tu sauras que j’ai eu beaucoup de mal à trouver mon stage. Certains entretiens se sont d’ailleurs très mal passés au niveau de ma fluidité. Pourtant, j’ai trouvé. Et là, si tu es curieux, tu dois te demander : mais comment ça se fait ? Bah ouais, tiens, comment ça se fait ? Figure toi que j’ai eu la réponse il n’y a pas longtemps. Si j’ai été embauché par mon employeur, c’est parce que j’ai montré que ce handicap me poussait à aller plus loin et à affronter mes peurs. J’ai peut-être eu de la chance de trouver une personne qui a vu ce qui est enfoui au fond de moi. Pourtant, je pense que c’est ce qu’attendent les recruteurs : une personne capable de se donner des défis et surtout de les surmonter (ou de prendre le recul nécessaire pour se poser les bonnes questions). Ainsi, si tu es bègue et en recherche d’un travail, le conseil que je peux te donner est le suivant : parle ouvertement de ton handicap lors des recrutements et mentionne-le sur ton CV. Il faut que tu montres ton côté combatif. Voilà selon moi la véritable force des handicapés : pouvoir se battre contre soi-même et en sortir grandit. Peu de personne ont le courage de le faire et de se surpasser. Pour nous, cela n’est pas question de courage mais de survie (paragraphe héroïque : ça c’est fait). Je me pose d’ailleurs la question de passer travailleur handicapé pour assumer complètement ce handicap et me permettre de m’ouvrir quelques portes (je remercie d’ailleurs les personnes du forum bégaiement pour m’avoir fourni les informations nécessaires).

Enfin, ces 3 mois m’ont aussi permis de prendre du recul vis-à-vis de mon bégaiement. Mais cela n’est pas venu tout seul. Cela a commencé par le forum bégaiement qui est une véritable mine d’or puis ce blog puis les réunions Self-Help et enfin les thérapies. Comme je le précisais à ma psy, depuis 3 mois, j’ai l’impression d’avoir fait un pas en arrière. Le gouffre (symbole du passage du statut étudiant à la vie adulte) est encore un peu difficile à franchir. Mais ce pas en arrière n’est pas vain. Il me permet de prendre ce recul nécessaire pour pouvoir faire le grand saut et atterrir de l’autre côté sain et sauf. Ce pas en arrière était donc primordial.

Comme tu peux t’en rendre compte, il s’est passé beaucoup de choses durant ce trimestre. Je pense que les 3 prochains mois vont être tout aussi mouvementés. Allez, je te fais un petit « teaser » :

- Maintenant que la page Facebook est en place, je vais commencer à l’animer. J’espère que tu seras toujours fidèle au poste.

- Un compte Twitter va suivre. Bien plus qu’un simple suivi de mes articles, j’espère pouvoir en faire une sorte de revue de presse. Je suis en pleine réflexion sur ce sujet.

- J’aimerai faire intervenir d’autres personnes. Je pensais tout d’abord à mes proches : ma famille (mon père étant aussi bègue et, vu que j’ai son accord ;) , cela pourrait être aussi intéressant d’écouter son histoire), ma copine, mes potes. Et peut-être que j’étendrai le cercle au fur et à mesure.

- Ainsi, d’un blog un peu nombriliste, j’aimerai passer à un véritable blog d’échange où tout un chacun pourra nous raconter une anecdote ou carrément son histoire. Si cela t’intéresse, n’hésite pas à me contacter ici ou sur Facebook.

Etant en pleine période électorale, je ne vais pas faire comme ces politiciens à te faire des tas de promesses alléchantes que je ne tiendrai pas. Je m’arrêterai donc là ;).

En tout cas, je te remercie de m’avoir suivi jusque-là. En lisant les commentaires, je m’aperçois que mes articles font échos. Ça me touche beaucoup et ça m’incite à continuer.

Sur ce, je te souhaite de bonnes vacances si tu as la chance d’y être. Sinon, bon courage pour la semaine qui s’annonce.

Romain

 

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