En mai, bégaie comme il te plait !

mai 13, 2013

Salut à toi ami(e) qui bégaie ou ami(e) tout court !

Ça fait longtemps que je ne t’ai pas parlé de moi. Ces derniers temps, j’ai préféré laisser ma place à des lecteurs qui avaient envie de nous apporter d’émouvants témoignages. Cette fois, pour mon retour sur mon propre blog, j’ai envie de revenir sur l’évolution de mon bégaiement depuis ces derniers mois.

 

L’évolution de mon bégaiement

Comme à son habitude, il est très fluctuant. Je pense que tu sais ce que c’est. Parfois, je me dis « ouah c’est trop bien, je suis super fluide !» mais ce n’est que pour mieux replonger ensuite. La thérapie avançant, je remarque quand même une tendance générale à l’amélioration. Bon, c’est pas encore ça mais globalement, j’ai l’impression que les choses s’améliorent.

Déjà, je m’efforce de faire de plus en plus de pauses dans mon discours. Ces pauses rythment plus facilement mon débit de parole et le fluidifient. Il y’a encore pas mal de travail mais ça m’encourage à continuer sur ce chemin.

J’ai aussi l’impression que je commence à prendre confiance en moi au niveau de mon travail. Et ça joue énormément sur ma parole même si j’ai toujours autant de mal à poser des questions. Quand je discute, pas de soucis. Mais quand je dois poser une question, aie aie aie. Je me dis que cela doit venir du fait que je suis en besoin par rapport à mon interlocuteur. Et bizarrement, je n’aime pas ça. J’aime bien qu’on ait besoin de moi mais je n’aime pas avoir besoin des autres. Sujet à travailler avec la psy :) .

Sinon, j’ai toujours autant de mal avec le téléphone. Cet outil du diable me donne bien des angoisses. D’ailleurs, pour l’anecdote, avec ma copine, on cherche un appartement (on vient d’ailleurs de trouver, ouhouh champagne !) et je lui ai laissé tout faire. Je lui ai laissé prendre le téléphone car je ne me sentais pas capable de passer un appel important. A court terme, ça me rassurait que ce soit elle qui le fasse mais à long terme, je ne sais pas si c’est très bon finalement. Tu en penses quoi toi ?

 

Questions et théorie personnelle sur mon bégaiement

Je ne sais plus si je te l’ai dit mais je continue à aller au Self-Help (malgré une pause d’un mois ou deux). Je t’encourage d’ailleurs franchement à y aller toi aussi. Je sais que je me répète et tu vas sans doute me trouver lourd mais ça fait énormément de bien de pouvoir bégayer devant des personnes qui ont le même problème et qui t’écoutent avec bienveillance. Et surtout, ça permet d’en apprendre un peu plus sur le bégaiement. D’ailleurs, les dernières séances étaient hyper intéressantes. Pour te résumer, on devait parler chacun notre tour des pires moments de bégaiements, des moments où il ne nous dérange pas et, pour finir, on devait évoquer les situations où il est le plus handicapant.

Sans grande surprise, les situations qui sont revenues chez la quinzaine de participants sont la prise de parole en public (principalement devant des inconnus), le téléphone, la prise de parole devant des inconnus (en privé ou au travail) et les tours de table où l’on doit se présenter à tour de rôle. Mais ce qui m’a le plus intéressé était le moment où chacun devait évoquer son pire moment de bégaiement. Ce moment qui reste gravé dans notre mémoire où notre faiblesse nous a particulièrement handicapé et nous a fait prendre conscience, pour la première fois, de celui-ci. Et j’ai cru comprendre que, chez chacun, ce moment était lié à un événement traumatisant de notre enfance.

Ca m’a d’ailleurs donné l’idée d’un schéma du bégaiement que j’ai appelé, en toute modestie, « la théorie des noeuds » (à ne pas confondre avec la « théorie des cordes ») dont je te parlerai dans le prochain article. J’en ai parlé avec mon orthophoniste et elle a étayé ma thèse en me donnant un document recensant les facteurs du bégaiement chez un enfant. Ils sont classés en 3 thèmes : les prédisposants, les précipitants et ceux qui le font perdurer. Très intéressant ! Encore du boulot pour la psy tiens ahah ! Mais on en parlera dans quelques semaines.

 

En résumé…

Ainsi, pour résumer ces quelques mois : ça avance. Lentement… Très lentement même… Mais j’ai l’impression que les choses bougent. Même concernant le téléphone, j’ai l’impression que ça frétille. Pas de quoi sauter au plafond mais ça bouge à l’intérieur. Mon but en ce moment : progresser lentement, avancer pas à pas et monter une marche après l’autre en espérant ne pas redescendre à cause de trop grosses difficultés que j’ai du mal à affronter (que de métaphores en une seule phrase).

Et toi, tu en es où ? Est ce que tu entreprends des choses qui permettent à ton bégaiement d’évoluer (positivement ou négativement) ? Viens m’en parler dans les commentaires, ça m’intéresse ! :) En attendant, je te souhaite une excellente semaine !

A bientôt !

Romain

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Poème sur le bégaiement d’Ahmed

avril 29, 2013

Salut !

Ahmed m’a envoyé son poème et attendait impatiemment que je le publie. Voici donc le texte de ce fidèle lecteur :

 

Sous la pluie et le vent,

Je marchais doucement.

Mon sourire apparaît,

Et puis disparaît.

Les larmes jaillissaient,

Tandis que le chagrin augmentait.

 

Devant ces regards moqueurs,

J’avais très peur.

Ils fuyaient tout le temps,

Sans me faire attention.

 

Cette souffrance, je la connus,

Jusqu’au jour où est apparue,

Cette personne qui a su,

Changer le court de ma vie.

 

Je lui prendrai la main,

Je la mènerai très loin.

On marchera content,

On avancera tentant,

D’arriver à notre destination.

 

Pourquoi ne me voudrais-tu pas ?

Pourquoi ne me convoiterais-tu pas ?

Ensemble on vivra.

Unis, on restera.

Notre amour n’est pas éphémère.

Va-t’il assez durer pour me plaire ?

 

J’étais là présent,

Attendant depuis longtemps,

L’arrivée de quelqu’un,

qui comprendra mon chagrin.

Mais ce fut vain,

Tout a pris fin.

Devant elle, je fus incapable de parler.

 

Un jour peut-être,

Je vivrai une vie,

Comme celle d’autrui.

 

Je trouve qu’à travers ces quelques lignes, il a bien su retranscrire nos peurs et nos doutes vis à vis de notre handicap : le bégaiement. Et toi, qu’en penses-tu ?

Romain

 

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Témoignage d’Arnaud, « Le prof bègue »

avril 15, 2013

Salut !

On se retrouve, cette fois-ci, pour le témoignage plein d’optimisme d’un compagnon de Self-Help. Ça fait longtemps que je le soûle pour qu’il nous livre sa vision du bégaiement et il a profité de ses vacances pour nous en apprendre plus sur la vie d’un prof qui bégaie. Voici son histoire :

 

Arnaud, le prof qui bégaie :

Je m’appelle Arnaud, j’ai 31 ans, je suis prof d’histoire géo en collège et je suis bègue. Pour situer les choses, je bégaye depuis l’âge de 3 ans environ, quasiment dès mes premières prises de parole. J’ai traversé toute mon enfance et mon adolescence sans voir un orthophoniste. Le seul thérapeute que j’ai consulté était un psychomotricien pour des problèmes de coordination.

J’ai grandi dans un environnement familial privilégié, mes parents m’ont toujours considéré comme une personne à part entière et n’ont jamais utilisé le bégaiement pour me dévaloriser. Mon bégaiement ne m’a pas empêché d’être un bon élève et de participer en classe. Mes professeurs m’ont toujours valorisé. En revanche, il a été un handicap pour m’ouvrir aux  jeunes de mon âge.

La relation aux autres (de mon âge) a été altérée. C’était soit des bagarres du fait des moqueries, soit une très grande discrétion. Concernant ma scolarité, le bégaiement m’a freiné dans la perspective d’être un excellent élève (manque de confiance en soi, désordre intérieur) même si je me débrouillais bien. Les chamailleries ont cessé, certes, avec l’âge mais le bégaiement m’habitait toujours au-delà de la vingtaine. Il m’handicapait toujours dans mes prises de parole (je me souviens avec indulgence et émotion de mes exposés  lus très rapidement pour que le problème soit évacué…).

En 2005, les concours de l’enseignement s’approchaient, j’ai donc décidé, poussé par ma mère (encore merci à elle), d’aller consulter une orthophoniste (la 1ère). Lors des premières consultations, je mesurais l’étendue du problème et commençait à le prendre à bras le corps. Et doucement je progressais…

En 2007, je partais pour Toulouse pour finir ma préparation au concours et je rencontrais Florence Liaunet (2ème orthophoniste) qui allait transformer ma vie (encore merci…). Cette orthophoniste talentueuse m’ a fait prendre conscience que le bégaiement n’est pas seulement un problème de prononciation mais également un dysfonctionnement respiratoire. En 3 ans, j’ai énormément progressé. J’ai quitté cette thérapeute avec énormément de regrets. Une belle relation de confiance s’était instaurée entre nous.

Entre temps, j’avais décroché le CAPES. Certes j’avais bégayé lors des oraux mais j’avais tellement de motivation que le jury était « obligé » de me le donner. Le bégaiement, lors de mon stage, en lycée, à Blagnac, dans la banlieue de Toulouse, ne m’a pas du tout gêné. J’étais, néanmoins encore à l’époque, comme patient, à la recherche de la parole parfaite.

Ce fut ensuite le départ pour la région parisienne et la découverte du collège. C’était en septembre 2010. Ce fut jusqu’en juin 2012 une épreuve assez difficile, n’arrivant pas à asseoir mon autorité avec les 4ème et les 5ème (les 6ème c’était plus facile). Je ne dis pas que la seule cause était le bégaiement mais il jouait un rôle. Je me trouvais toujours en résistance face à eux, ne supportant aucune moquerie et surtout le vivant mal même si je me le cachais en essayant de faire comme si de rien n’était.

Face à mes difficultés persistantes, je décidais, en octobre 2011, de consulter une troisième orthophoniste. Je l’ai vu pendant 6 mois une fois par quinzaine. Nous ne faisions presque aucun exercice de prononciation mais plutôt du soutien psychologique pour me faire prendre conscience que ma prise de parole était assurée. Elle y est parvenue et m’a orienté vers le groupe Self-help. Je commençais à me dire que j’étais sur la bonne voie.

Et puis en septembre 2012, j’ai changé de collège où je me sens très à l’aise. Certes, il m’arrive encore de bégayer mais cela n’altère en rien mon message . Pratiquement la totalité des élèves (oui, ne rêvons pas certains restent totalement hermétiques) adhère à mes cours… Quelle joie m’habite tous les jours ! C’est un bonheur, chaque jour recommencé, de récupérer mes élèves dans la cour pour aller faire cours… Et tous les jours, le bègue qui est en moi (celui-là, même s’il est discret, reste…) lève les bras comme une victoire. J’ai enfin réussi à m’affranchir de mon bégaiement. J’en souris encore à l’heure où j’écris ces lignes, quand je repense à toutes les épreuves traversées. Il n’y a pas longtemps, je participais à un colloque scientifique (je suis aussi doctorant en histoire) où j’ai certes bégayé mais ma communication était maîtrisée.

Je ne veux surtout pas faire de mon cas un exemple. J’ai pris le temps d’écrire ces lignes pour partager avec vous mon expérience. Je souhaite, du fond de mon âme, que chaque bègue réussisse à vivre mieux avec son handicap.

 

Le mot de la fin

Alors, tu penses quoi de son témoignage ? Si je l’ai incité à parler de lui sur mon blog, c’est, déjà, parce qu’un prof qui bégaie, ce n’est pas commun mais aussi parce que j’aime beaucoup sa façon de voir les choses et le recul qu’il a pris vis-à-vis de son bégaiement.

Si, comme Arnaud, tu as envie de partager ton expérience vis-à-vis de ton bégaiement où si tu as envie de parler d’une situation qui t’es arrivée (bonne ou mauvaise), n’hésite pas à m’envoyer ton texte par mail. Cela fait énormément de bien d’écrire et de prendre du recul, tu verras ;) .

A bientôt !

Romain

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Sais-tu que le téléphone est une source de stress chez les personnes… « fluides » ?

avril 2, 2013

Salut !

Cette semaine, nous allons reparler du téléphone. Il y’a quelques mois, une jeune orthophoniste (qui se reconnaîtra) m’a demandé si je pouvais tester en séance d’orthophonie un outil qu’elle a créé pour son mémoire de fin d’étude afin de mieux appréhender cet engin maléfique. Après une discussion avec mon orthophoniste, nous avons accepté. Me voilà donc parti pour une longue aventure… Mais là n’est pas le but de cet article. Je te parlerai plus tard de mes réussites et échecs téléphoniques.

En fait, cette jeune orthophoniste et son binôme ont créé un sondage et ont réussi à interroger un large panel de personnes qui bégaient et un échantillon conséquent de 331 personnes qui ne bégaient pas. Les résultats sont très intéressants, voire surprenants. Voici ceux des personnes qui bégaient (à toi de voir où tu te situes) :

 

 

Questionnaire administré aux personnes qui bégaient :

Note : Pour plusieurs questions, on est à plus de 100% si on additionne les pourcentages : c’est parce que certains ont répondu à plusieurs réponses pour une même question. Pour plus de visibilité, j’ai mis en gras les réponses ayant le plus gros pourcentage.

1) Vous utilisez le téléphone :

Quotidiennement : 63%, Parfois : 37%, Jamais : 0%

 

2) Votre bégaiement vous gêne-t-il pour utiliser le téléphone ?

Jamais 1 2 3 4 5 Toujours
( 1 : 4%, 2 : 29%, 3 : 37%, 4 : 21%, 5 : 10%)

 

3) Téléphoner c’est :

Possible au prix de gros efforts : 35%, Accessible : 40%, Irréalisable : 2%, Angoissant : 44%

 

4) Il est plus difficile pour vous :

D’appeler : 58%, De répondre : 17%, Les deux : 27%

 

5) Comment réagissez-vous lorsque vous devez laisser un message vocal sur un répondeur ?

Je laisse un message : 38%, Je raccroche : 35%, Je suis déstabilisé(e) mais je laisse un message : 35%

 

6) Quel sentiment l’utilisation du téléphone génère-t-il en vous ?

Plaisir : 19%, Honte : 25%, Peur : 48%, Fierté : 17%, Colère : 10%, Aucun : 23%

 

7) Lors d’une conversation téléphonique, vous avez tendance à :

Buter sur les mots : 63%, Parler lentement : 12%, Parler très vite : 29%, Écourter les réponses : 35%, Parler naturellement : 29%

 

8) D’un point de vue physique, que ressentez-vous lors d’une conversation téléphonique ?

Rien, aucune modification : 31%, Respiration accélérée : 29%, Mains moites : 23%, Tremblements (mains, voix) : 21%, Bouffées de chaleur, rougissements : 38%

 

9) Il est plus facile d’appeler :

Des proches : 54%, Des inconnus : 23% , Peu importe : 25%

 

 

Questionnaire administré aux personnes qui ne bégaient pas :

1) Vous avez des difficultés à téléphoner :

Oui tout le temps : 8%, Oui mais seulement avec des inconnus : 50%, Non dans n’importe quelle situation : 43%

 

2) Avez-vous une préférence ?

Appeler : 27%, Répondre : 67%, Peu importe : 6%

 

3) En général, lors d’une conversation téléphonique, vous avez tendance à :

Buter sur les mots : 15%, Parler plus lentement : 6%, Parler plus vite : 24%, Changer inconsciemment la hauteur de votre voix : 30%, Aucune modification : 21%

NB : 14 personnes sur 331 (soit à peu près 4%) nous ont répondu présenter un peu de toutes les propositions.

 

4) Comment réagissez-vous lorsque vous devez laisser un message vocal sur le répondeur ?

Aucun problème pour moi : 20%, Je ne suis pas très à l’aise mais je laisse un message : 58%, Je n’aime pas du tout ça je rappellerai plus tard : 22%

 

5) Certains, alors qu’ils sont au téléphone, ont de petits rituels, souvent inconscients. Et vous ?

Je déambule dans la pièce : 50%, Je gribouille sur une feuille : 15%, Je manipule des objets (comme un stylo par exemple) : 9%, J’ai besoin d’être absolument seul(e) dans la pièce : 18%

 

6) Le téléphone pour vous, c’est :

Une bête noire que j’utilise le moins possible : 4%, Un objet pratique mais parfois source de stress : 73%, Mon meilleur ami dans n’importe quelle situation : 23%

 

 

Mes commentaires :

Plusieurs choses m’ont frappé :

- Tout d’abord, 50% des personnes fluides ont des difficultés à téléphoner à un inconnu ! 1 personne sur deux, c’est énorme ! D’ailleurs, je me rappelle une anecdote (je te l’ai peut-être déjà raconté) où lors d’un voyage improvisé avec des potes, c’est moi qui ais dû appeler un hôtel pour passer la nuit car personne ne voulait le faire. Et après en avoir parlé avec mes proches, il s’avère, effectivement, que beaucoup n’aiment pas du tout le téléphone.

- Ensuite, comme les personnes qui bégaient, les personnes « fluides » préfèrent répondre qu’appeler. Je ne sais pas pour toi mais, perso, si on me l’avait dit, je ne l’aurai pas cru. J’imaginais que cela ne leur pose aucun problème d’appeler ou répondre.

- Aussi, 15% de personnes butent sur les mots lors de conversations téléphoniques et 24% ont tendance à parler plus vite. Je me suis effectivement rendu compte que le rythme de parole au téléphone est plus rapide. Et si, au final, la personne au bout du fil était dans le même état de stress que nous ? Peut-être est-ce à nous de faire baisser le rythme de la conversation ? Et peut-être même qu’en lui avouant que l’on bégaie, la conversation pourra être plus agréable pour les deux ? Tu en penses quoi ? Ça serait le comble ! :)

- 22% n’aiment pas laisser de message sur un répondeur et 58% en laisse un mais ne sont pas à l’aise. Encore un résultat surprenant ! J’avoue que je ne comprends pas pourquoi les personnes qui n’ont aucun mal à parler ont autant de difficultés avec le téléphone. Ma psy m’avait dit que c’était dû au fait que l’on ne peut être identifié que par la voix. Ainsi, tout autant que l’on n’aime pas se voir dans des vidéos, on n’aime pas s’entendre et être entendu. Marrant.

- Concernant les rituels au téléphone, 50% marchent en téléphonant. Mon frère est comme ça et personnellement, ça m’amuse. Mais, d’après mon orthophoniste, s’il y’a autant de personnes qui marchent pendant qu’ils appellent, ce n’est pas pour rien. Peut-être est-ce une aide ? Je te laisse essayer si tu en as l’occasion. J’essayerai aussi et je te dirai si c’est mieux ou non. Aussi, 1 personne sur 5 a besoin d’être seul. Ce qui signifie qu’1 personne sur 5 est gênée en parlant au téléphone.

- Et finalement, la question qui tue et le résultat qui m’a le plus surpris : 73% ressentent du stress en téléphonant ! Alors là, j’en suis restée bouche bée (je te laisse imaginer la scène).

 

Grâce à ce sondage, on remarque que l’on bégaie ou que l’on soit fluide, les difficultés restent les mêmes. On est tous dans le même bateau finalement. En fait, le téléphone est pour la plupart des gens un outil diabolique inventé pour nous stresser et non pour nous aider ahah. On comprend maintenant l’essor des chats (pas les animaux hein, soyons d’accords), mails et autres SMS. Et c’est là que je me suis dis, qu’au final, si on parle vite au téléphone et qu’on stresse comme ça, c’est peut-être parce que c’est la même chose pour notre interlocuteur. Et, comme on se sent inférieur à l’autre (de par notre handicap), on ressent son stress inconsciemment et on se laisse entraîner par lui.

Je ne sais pas pour toi mais, pour ma part, ces réponses m’ont donné une certaine confiance en moi. Bon, j’ai encore du mal à appeler, je ne te le cache pas (surtout quand l’appel est important). Mais ça m’a fait du bien de prendre conscience qu’en fin de compte, qu’on bégaie ou que l’on soit fluide, on réagit exactement de la même façon par rapport à cet outil. Alors relativisons et, quand on doit passer un appel, disons-nous qu’on a 3 chances sur 4 de tomber sur une personne stressée qui ne fera sans doute rien pour nous mettre à l’aise. Alors, faisons le premier pas et montrons lui qu’il n’y a pas lieu de stresser.

J’essayerai d’y penser lors de mes prochains coups de fil. Et je pense qu’annoncer directement que je bégaye pourra aider à diminuer le stress des deux interlocuteurs. Difficile mais jouable :) !

J’attends ton avis sur ces réponses. Dans tous les cas, à bientôt pour un nouvel article !

Romain

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Le bégaiement de Christophe, 22 ans, futur animateur télé ?

mars 17, 2013

Salut !

De plus en plus de lecteurs m’envoient leurs textes personnels sur leur bégaiement et ça me fait super plaisir. Cette fois-ci, je te partage le témoignage plein d’espoir de Christophe.
 
 

Le bégaiement de Christophe :

Moi c’est Christophe, j’ai 22 ans et je suis bègue depuis que j’ai commencé à parler. Je veux te faire partager mon expérience dans laquelle je suis sûr tu pourras t’identifier. Tu peux la faire partage à tes internautes si tu en as envie ;-) . (ndr : évidemment que j’en ai envie !)

Je n’ai jamais vraiment connu la raison de mon bégaiement. Mes parents m’ont longtemps dit que c’est la naissance de mon petit frère, il y a 19 ans, qui m’a fait un choc car j’ai certainement dû me dire que j’allais être mis à l’écart. Mais je pense qu’il en est tout autre et je ne sais toujours pas pourquoi je souffre de ce mal-être. Mais j’ai fait beaucoup de progrès et elle est loin la période où j’avais peur d’aller acheter une baguette de pain. Vers l’âge de 17 ans, j’en ai eu marre de vivre dans la peur, sans amis, car cet handicap m’a longtemps poussé à rester seul. Au collège, j’étais souvent moqué, critiqué, je ne pouvais pas me faire d’amis et j’en ai beaucoup souffert. Je me suis alors décidé à affronter mes peurs, à aller de l’avant, et le résultat a payé.

A 22 ans, je suis fier de dire que j’ai beaucoup progressé grâce à ma volonté. C’est seul que j’ai réussi à « presque » m’en sortir. Je dis « presque » car tu sais aussi bien que moi, et tes lecteurs seront d’accord, que le bégaiement peut revenir à la charge d’un moment à l’autre. Mais j’ai envie de dire que nous sommes les seuls à pouvoir éradiquer cet handicap. Car j’en suis la preuve vivante : en se calmant, en parlant spontanément et en ne réfléchissant pas à sa phrase, en respirant et surtout dans un état de zénitude total, sans stress, il est possible de parler sans bégayer. Pendant une période je ne bégayais plus mais d’un seul coup et dû à quelques problèmes personnels, le bégaiement a fait son grand retour. Mais cela dépend de notre état de stress car le bégaiement est combiné au stress : la peur de ne pas réussir à parler, d’être jugé, d’être confronté aux personnes qui nous entourent joue pour beaucoup dans notre façon de parler. Nous seuls avons les cartes en mains et avec beaucoup d’efforts, je suis convaincu qu’il est possible de parler correctement et continuellement comme les autres personnes (ndr : pour ma part, je dirais « de parler sans difficultés »). Certes, cela demande des efforts considérables mais ça vaut le coup !

Mes amis me disent souvent qu’à certains moments je parle parfaitement bien et que d’un seul coup je recommence à « bugger » comme j’aime le dire. Alors, je leur dis que parler correctement me fatigue car je me surpasse, au bout d’un moment les nerfs lâchent et les habitudes reprennent le dessus. C’est comme si on demandait à des personnes avec une élocution parfaite de se mettre à parler en bégayant. Au bout d’un moment, ils n’y arriveront plus et reprendront leurs habitudes de paroles. Nous sommes habitués à parler de cette façon donc c’est extrêmement difficile de faire comme si de rien n’était. Oui, j’ai vu une orthophoniste et je continue à la voir mais je sais pertinemment que c’est seul que je vaincrai entièrement mon bégaiement. Mon orthophoniste le sait. Le fait de continuer à la voir me rassure car je me dis que si j’ai un coup de blues après une période de fort bégaiement (car vous savez que la honte peut vite nous gagner), je vais pouvoir aller la voir et elle m’aidera à aller mieux (ndr : je me reconnais énormément dans cette phrase. Pour moi, une orthophoniste serait comme une sorte de « coach »).

Pour guérir, j’ai fait des études en fonction de mon handicap. J’ai suivi des études dans le commerce afin d’aller vers les gens. Et je ne regrette pas car c’est grâce à cette formation en 4 ans que j’ai fait beaucoup d’effort comme je vous en parlais plus haut. Je devais vendre des assurances par téléphone (ma plus grande phobie comme tous les bègues) et des vêtements dans des magasins. Il fallait que je connaisse tous les termes des vendeurs et je devais répondre à l’attente des clients. Mais j’ai toujours voulu devenir journaliste et travailler à la télévision. La réalité de la vie a fait que je n’ai jamais pu suivre des études de journalisme. Alors à 18 ans, j’ai lancé un blog (que je gère avec mon petit frère et ma petite soeur) qui, maintenant, est devenu un média à part entière. Avec plus de 8 millions de visites (ndr : je suis jaloux ! ahah), il s’inscrit comme un blog de référence dans son domaine (médias/people). Cette expérience m’a permis de me déplacer à Paris à des soirées privées, de rencontrer des attachés de presse, d’interviewer des artistes (notamment Lorie par téléphone en octobre dernier)… De plus, je reçois tous les jours des mails de professionnels. C’est un boulot à côté de mes études en DEUST communication (je suis d’ailleurs en dernière année) qui me prend beaucoup de temps et qui me demande beaucoup de concentration et de confiance car je suis en contact avec des parisiens travaillant dans le milieu. Tout ceux que j’ai côtoyé ont une forte assurance, je veux donc me comporter comme eux. Dans ces situations et notamment au moment d’interviewer les personnalités, il ne faut pas que je montre mon handicap et j’y arrive plus ou moins car il revient de temps en temps. Mais je sais le contrôler. Puis, récemment, j’ai été contacté par une chaîne de télévision qui a voulu me rencontrer car elle était intéressée par mon boulot. L’homme que j’ai rencontré m’a proposé une embauche pour la rentrée de septembre afin de m’occuper du site internet de la chaîne. Les mises à jour, la publication d’articles etc… J’ai accepté, et si tout se passe bien, je serai embauché et mon rêve de devenir animateur télé se concrétisera peut-être au fil du temps.

Voyez que même si votre bégaiement stagne, même si vous avez des jours sombres où vous vous dîtes que vous ne réussirez jamais à guérir, vous pouvez réaliser vos rêves. Pour preuve, je suis à deux doigts de réaliser le mien. Rien n’est jamais perdu, il suffit d’aller chercher loin au fond de vous la force, le courage et la motivation. Car quand on veut, on peut. Vous voulez guérir, alors vous pouvez. Ce sera dur, fatiguant, long, il faudra soigner votre hyperactivité car je suis persuadé que comme moi la plupart d’entre vous êtes hyperactif (ndr : je n’ai vu aucune étude sur le sujet donc à nuancer) et toujours stressé, mais au bout d’un moment, vous y arriverez ! On y arrivera tous!!

J’espère avoir réussi à vous donner un peu d’espoir :) .
 
 

Le mot de la fin

Ce que j’ai aimé dans le témoignage de Christophe, c’est cette volonté de « réussir » qui se ressent. Comme il l’explique bien, la seule personne pouvant nous aider à nous en sortir, c’est nous-même. Même en allant voir les plus grands spécialistes, se défaire de son handicap signifie de travailler énormément sur sa vision de soi. Oui, c’est difficile, oui c’est long, mais le travail en vaut la chandelle.

Et, je ne sais pas pour toi, mais, pour ma part, le bégaiement m’a fait devenir une meilleure personne : plus humble et surtout plus à l’écoute des autres. Alors courage (il en faut) et n’abandonne jamais tes rêves. Et surtout, n’oublie jamais cette phrase : le bégaiement se nourrit de l’importance que NOUS lui accordons.

A la prochaine ! :)

Romain

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« Vivre » par Valerio

mars 4, 2013

Salut !

Je t’avais dis, dans mon dernier article, que j’allais te parler de mon travail. Mais, c’était sans compter sur le mail que m’a envoyé Valerio, un fidèle lecteur, qui a voulu faire partager sa création. Voici donc un poème qu’il a rédigé, véritable ode à la vie et à l’écriture :

 

Vivre

 

J’écris pour libérer mon esprit.

Pour capter ce que je suis.

Cet amour de l’écriture est né d’aventure

Que nous vivons tous.

Oui, cette passade sur terre où l’on vit.

Cette vie qui est pour nous la seule.

 

J’aime écrire car lorsque je le fais,

Je me sens vivre et je laisse transparaître toute mon âme.

Plus d’agissements, d’obligations, de morales et de toutes ces créations de l’homme.

Juste l’âme, celle qui vous guide.

Il n’y a rien de plus beau que la pensée.

C’est ce qui fait de nous des hommes.

 

Cette déterminante qui nous dicte nos sentiments,

Nous édicte les mots que l’on prononce,

Qui nous rend tel que nous sommes.

Nous ne sommes rien sans elle et sans l’expression de nos sens.

L’écriture est pour moi comme un bras ou une jambe.

Elle est indissociable de ce que je suis.

 

Un jeune garçon qui aimait écrire et qui avait peur du monde.

Mais que son handicap a transformé en quelqu’un d’autre.

Le jeune homme que j’étais et cette jeunesse, certes non terminée a fait faire des choses folles.

L’adulte que je suis devenu en croyant ce que je voulais être.

Croire à ce que l’on croit, voici ma devise.

Réussir, aimer, avoir des enfants.

Appelez ceci comme vous le désirez,

Mais ce n’est rien d’autre que la découverte de soi.

 

Elle entraîne votre vision et façonne ce que vous êtes.

Lorsque je regarde autour de nous,

Dans ce monde si vaste et pourtant si quantifiable pour les hommes.

Ce paradoxe dans lequel nous prenons tous part ;

Quoique nous en pensions.

Il me vient un sentiment d’être et de devenir.

Certains économistes, philosophes ou psychiatres qualifient ceci de « besoins ».

Qualifions le plutôt d’envie, de courage et de souffrances.

 

Ces erreurs qui nous laissent des cicatrices.

Blessant notre chair, elles entravent la peau lisse.

Ces marques dont vous avez retenu le nom et peut-être l’enseignement qui en découle.

Cet apprentissage que nous faisons tous.

Ce qui laisse finalement à penser que la vie blesse nos âmes,

Et que nos âmes – qui sont la seule chose qui nous appartiennent- vivent elles aussi dans nos cœurs.

 

Tout ce méandre de mots pour dire une chose très simple :

  La vie n’est qu’amour.

Car sans âme, nous n’aurions pas de pensées.

Sans elles, nous n’aurions pas de sentiments.

Sans eux, nous ne voudrions pas nous découvrir.

Et que sans découverte, cette vie n’en serait pas une.

 

Alors, tu en as pensé quoi ? Pour ma part, et en tant que bloggeur et rédacteur, je ne peux qu’aimer et être d’accord avec lui. Écrivain dans l’âme, il m’a dit qu’il était en train d’écrire un livre sur sa vie et je n’ai pu que l’encourager dans ce projet. S’il est d’accord, je partagerai peut-être ses premiers jets sur ma page FB. Et, peut-être entendras-tu parler de lui dans un futur proche ;) .

Dit-moi ce que tu as pensé de son texte dans les commentaires. Et si tu as des questions, n’hésite pas.

A bientôt !

Romain

PS : Ahhhh ! Ça me fait plaisir de voir que le monde du bégaiement commence à bouger ! :) Si comme Valerio et Sarah (clique ici pour lire ou relire sa lettre à un inconnu), tu veux aussi partager ta vision de ton bégaiement, mon blog est grand ouvert ! Tu verras, c’est libérateur !

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Rencontre avec Olivier Duval, réalisateur du court métrage « L’Amour Bègue ».

février 18, 2013

Salut !

Je te l’avais dis sur ma page Facebook : j’ai eu le plaisir de rencontrer Olivier Duval, co-réalisateur, acteur et scénariste pour lui poser quelques questions sur son court-métrage : « l’Amour Bègue ».  Par soucis de droits d’auteur, je ne peux pas diffuser le film sur le site. Mais, Olivier a négocié et, pour le visionner, tu peux lui envoyer un mail à duval12fr@msn.com en lui faisant la demande directement (sinon, tu peux aussi m’envoyer un mail à r.gerbet@hotmail.fr et je lui transférerai). Je t’attends ensuite ici pour en discuter.

En attendant, et même si je te conseille de voir le film avant de la lire, voici l’interview complète :

 

Bonjour Olivier,

1) Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Olivier Duval, j’ai 25 ans, je suis réalisateur de films pour le cinéma et la télévision, chef-opérateur et monteur. J’ai étudié le cinéma à la Sorbonne à Paris, ainsi qu’à l’ECAL en Suisse. Etant bègue de naissance, j’ai décidé de parler de cet handicap dans le court-métrage l’Amour Bègue réalisé en 2012, que j’ai co-écrit et dans lequel je tiens le premier rôle.

 

2) Peux-tu me parler un peu de ton bégaiement ? Depuis quand bégaies-tu ? Est-ce qu’il te gêne dans ta vie de tous les jours ? …

Je bégaye depuis que j’ai commencé à parler. J’ai pratiqué beaucoup d’orthophonie, avec différents thérapeutes, jusqu’à l’âge de 16 ans sans résultats notables. Je me suis lancé dans le cinéma en me disant que ce métier m’obligerait à rencontrer des gens et à parler, m’évitant ainsi le piège de la solitude. Cet handicap ne me gêne pas tant dans mon activité professionnelle où je possède une certaine assurance que dans mes relations personnelles, notamment avec les filles. L’Amour Bègue traite donc principalement des relations amoureuses.

 

3) Pourquoi avoir fait ce court-métrage ?

Mon ami, Jan Czarlewski, lui aussi réalisateur, cherchait un sujet sincère et touchant pour son film de dernière année d’étude à l’ECAL. Nous connaissant depuis 10 ans, mon bégaiement fait partie de notre amitié. C’est donc tout naturellement que nous avons choisis d’y consacrer un film. Notre connaissance intime de cet handicap a été d’une grande aide pour aborder ce thème avec fraîcheur et originalité.

 

4) Combien de temps cela a-t-il pris ?

De l’écriture du scénario jusqu’à la fin du montage il s’est déroulé une dizaine de mois. Sur ces 10 mois, 5 ont été consacrés à la rédaction du scénario.

 

5) Sur ce film, tu étais réalisateur, acteur et scénariste. Quel est la fonction la plus difficile ?

Ces trois activités demandent un savoir-faire, une sensibilité et une connaissance de l’être humain qui ne s’acquière qu’avec le temps et le travail. Les métiers du cinéma se complètent les uns les autres.  S’il est, par exemple, difficile pour un acteur de bien interpréter un scénario mal dialogué, un bon monteur pourra grandement améliorer sa performance après coup. La réussite artistique d’un film repose donc sur l’inter-dépendance entre les différents talents.

Mais le point de départ sera toujours un bon scénario, la tâche du scénariste est donc primordiale. Comme dit le dicton, il faut 3 choses pour faire un bon film : « Une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire ».

 

6) Et la plus facile ?

Il n’y a pas de métiers faciles dans le cinéma.

 

7) Quel message veux-tu faire passer par le biais de ce film ?

Je ne souhaitais pas faire passer de message particulier mais quand je regarde « L’amour Bègue« , je me dis que cet handicap peut être un avantage et un charme quand on décide d’en jouer.

 

8) Le rôle de Timothée est-il un rôle autobiographique ?

Il est en partie autobiographique. Mes relations avec les filles, grandement compliquées par mon bégaiement, sont représentées avec réalisme dans le film. De plus, le réalisateur du film, Jan Czarlewski, est mon ami dans la vie et interprète son propre rôle dans le film.

Cela a contribué à l’aspect presque « documentaire » du film.

Toutefois, la ligne narrative est totalement fictionnelle. La plupart des éléments, notamment l’utilisation de la boxe ou du gratte-tête, ont été inventés pour les besoins du film.

 

9) As-tu des anecdotes amusantes à nous raconter à propos du film ?

Bien qu’à l’aise dans le cinéma, j’appréhendais de ne pas pouvoir contrôler mon bégaiement en tant qu’acteur. Je me suis donc arrangé, pour que la scène du téléphone soit placé au tout début du planning du tournage. Dans cette scène, le personnage devait bégayer beaucoup. Ce qui correspondait parfaitement à mon angoisse de devoir jouer pour la première fois devant l’équipe du film.

 

10) La coupure finale nous laisse un peu sur notre faim. Pourquoi avoir coupé à ce moment-là ?

La coupure subvient quand, pour la première fois, le personnage principal, Tim, se sent à l’aise avec sa future petite amie, en lui faisant du gratte-tête (ustensile de massage crânien) dans une voiture. Tim se rend alors compte qu’il est possible pour lui d’avoir la fille qu’il désire s’il décide de ne plus considérer son bégaiement comme un obstacle infranchissable.

Cette fin nous a paru plus forte que de, par exemple, montrer une relation sexuelle entre lui et la fille. Selon, nous, cela aurait dénaturé le sujet du film.

 

11) Question personnelle à laquelle tu n’es pas obligé de répondre (mais que tout le monde se pose ;)  ) : la fille que tu dragues dans le film est-elle ta copine dans la vie ?

Non, le rôle de la fille dans le film est interprété par une comédienne professionelle.

 

12) J’ai cru comprendre que tu faisais le tour de la France pour présenter le film dans différents festivals. Quel est ton ressenti vis-à-vis de tout ça ? Est-ce difficile pour toi ? Ou, au contraire, cela coule de source ?

Le film a été sélectionné et parfois primé dans de nombreux festivals, notamment celui de Locarno en Suisse, celui d’Emir Kusturica en Serbie, ou encore à Clermont-Ferrand. Présenter le film est pour moi l’occasion de me confronter à mon image, ce qui me permet de mieux m’accepter. De plus, ces projections sont l’occasion de parler du bégaiement. Ce qui est toujours une bonne thérapie.

 

13) Comment vois-tu ton futur à court terme ?

Continuer à faire des films en tant que « célibataire » (malgré que les choses bougent de ce côté là).

 

14) Et à plus long terme ?

Continuer à faire des films avec une femme et des enfants.

 

15) J’ai gardé pour la fin la question la plus difficile : si tu avais un conseil à donner aux personnes qui bégaient comme toi et moi, quel serait ce conseil ?

(Tous les bégaiements sont différents, je ne parle donc que pour moi même). En tant que bègue nous avons la chance de ne pas être muet ; autant en profiter. Je conseille de parler le plus possible, de prendre des risques, de faire le plus d’expériences possibles et de s’interdire toutes formes d’évitements. Sous prétexte d’un petit confort temporaire, ils ne font qu’accentuer l’emprise du bégaiement. Il faut se concentrer sur ce qui va plutôt que sur ce qui ne va pas.

Le bégaiement ne devient une prison que quand on lui permet de le devenir. Nous sommes bègues alors bégayons, ne nous taisons pas.

Merci Olivier !

 

Merci beaucoup à lui d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et surtout merci à lui et son ami pour le film. J’ai l’impression que, depuis le « Discours du roi », le monde du bégaiement commence à sortir de sa tanière. Et je trouve cela plutôt positif. C’est grâce à ce genre d’actions que nous pouvons parler et faire parler du bégaiement.

Comme le dit Olivier, nous sommes les seules personnes à pouvoir faire bouger et changer les choses. Alors, dès que ce film sera libre de diffusion (dans quelques années), je compte sur toi pour le faire tourner autour de toi.

Dans tous les cas, j’ai hâte de savoir ce que tu as pensé de ce court-métrage. Si tu as envie de donner ton avis ou si tu as des questions, les commentaires, juste en dessous, sont faits pour ça.

 

Dans deux semaines, sauf en cas de nouvelle de dernière minute que je veux te faire partager à tout prix, je te parlerai de mon travail. Et je te raconterai comment j’ai réussi à passer ma période d’essai et à décrocher un CDI du premier coup.

A dans deux semaines !

Romain

 

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Lettre à un(e) inconnu(e) par Sarah

février 4, 2013

Salut !

Grande première ! Cette fois, je fais ma feignasse en te proposant un texte écrit par une fidèle lectrice de mon blog. Sarah, m’a envoyé une lettre qu’elle a écrite à un(e) inconnu(e) via un site internet spécialisé dans ce genre de service (l’envoi de lettre à un inconnu). Elle a souhaité lui parler de son bégaiement. Je me tais et te laisse la lire :

 

« Cher(e)  inconnu(e),

Au moment même où vous lirez cette lettre, je pense à vous. Je me pose souvent la question de savoir ce que les gens pensent de moi, de mon écriture, de mes faits et gestes. Je pense trop, je ne vis pas assez pour moi-même, tout cela vient d’un problème profond depuis que je suis petite : mon bégaiement. Ne croyez pas que cette lettre sera triste, non, au contraire, elle sera faite de petites anecdotes plutôt agréables à lire qui rendent le bégaiement plus tendre et gai aux yeux de tous ceux qui, comme moi, ont ce défaut qui leur ronge la vie quotidiennement. Révéler des faits d’une vie qui nous appartient à un inconnu me met quelque peu mal à l’aise mais je me cache derrière mon écriture pour vous livrer un message d’espoir à travers cette lettre. Tout le monde a déjà connu la solitude, l’angoisse profonde, un moment de désespoir, oui, tout le monde. Un bègue voit tout en noir, en tout cas, pour ma part, ceci était le cas auparavant mais j’ai décidé de changer. Je pense donc que par mon vécu,  je peux apporter quelques petites touches d’espoir dans les yeux de ceux qui sont dans un monde parallèle à celui dans lequel nous vivons actuellement.

Etranger l’un(e) à l’autre, l’échange d’une lettre peut s’avérer bien plus qu’intéressante. Peut-être y trouverez-vous un réconfort, une anecdote de plus à raconter à vos ami(e)s ou encore un simple message que vous garderez pour vous. Ceci étant, les lettres d’inconnu(e)s à inconnu(e)s ont le pouvoir de distraire les gens quel que soit leur situation géographique, leur vécu, permettent de ressentir ce que l’autre ressent au moment même où l’écriture a lieu. Cela tombe bien car c’est à partir d’un proverbe célèbre que ma lettre commence vraiment : « Mieux vaut être seul(e) que mal accompagné(e) ».

Il y a matière à réfléchir certes, mais pas trop quand même parce que l’on tombe dans la philosophie et mieux vaut vivre simplement et pleinement qu’en nous torturant l’esprit de balivernes. Ces derniers mots m’amènent à vous dire qu’il est difficile dans notre monde actuel de se battre pour réussir dans n’importe quel domaine que ce soit sans la parole. Toute personne non-bègue ne peut pas imaginer ce qu’un bègue ressent quand les mots ne sortent pas de sa bouche. Il/elle utilise des mots de substitutions, des lettres ou des sons qu’il sait par avance qu’il peut prononcer sans qu’on remarque qu’il/elle bégaye. Ceci peut paraître abstrait à tout le monde et même insignifiant mais tout n’est pas négatif, il faut essayer de transformer  tout cela en positif (ça n’est pas une mince affaire !). Quelques petites histoires vécues sur ce genre d’ « échec » de la parole m’ont permis d’avancer et de me construire tout en n’oubliant pas que c’est en persévérant que l’on arrive à nos fins. L’affrontement du mal par le mal est primordial, même les détails les plus infimes sont sujets à de grands moments de réussite quand on ose affronter nos peurs droit dans les yeux.

Revenons à notre proverbe : ce dernier est bien vrai mais derrière ces mots se cache une protection de soi-même. Un bègue en lui-même se renferme et donc se coupe du monde dans lequel il vit. Certains sont plus sociables et veulent avancer dans leur vie, se mettent des défis et y arrivent tôt ou tard. Il faut simplement s’accompagner de bonnes personnes qui nous aideront sur notre parcours et notre volonté et motivation seront nos alliés pour tout le reste de notre vie. Etant une grande rêveuse et une personne qui réfléchit beaucoup,  j’ai aussi réfléchi sur ce proverbe qui est universel. Cependant, en ne réfléchissant pas trop sur les conséquences de mon bégaiement, j’ai décidé de foncer car je veux réussir dans mon domaine professionnel. De nombreuses fois, je suis tombée, j’ai eu du mal à me relever, combien de fois j’ai trébuché sur mes mots pour aller chercher une simple baguette de pain, un médicament à la pharmacie. J’ai décidé de transformer  tout ça en rigolade, en souriant, en restant polie, en décidant « d’aimer la vie telle qu’elle est, tel que je suis ».

Pour vous situer dans son contexte les petites anecdotes qui vont suivrent, je dois vous dire que je suis une jeune femme, décoratrice d’intérieur, intérimaire dans une entreprise de conception de jardin et à mes heures perdues, je me transforme en maîtresse dans une maternelle.

Pour la première anecdote, je dois vous révéler que je n’étais pas du tout nerveuse (ce qui, pour le bégaiement est un atout !). Mon téléphone sonne, je décroche. « Allô, Mademoiselle Sarah,  je suis la directrice de production de M6 pour l’émission D&CO, j’aimerais avoir un entretien avec vous cet après-midi au sujet d’un éventuel poste », je réponds calmement  (bien qu’à la fois étonnée et excitée par l’appel) : «Bien entendu,  je suis disponible cet après-midi ». Nous convenons d’un rendez-vous le jour même à 15h00. Arrivée sur les lieux à Paris 2ème, je me présente à l’accueil et je suis invitée à m’asseoir à côté dans un fauteuil élégant d’un style contemporain. La directrice m’accueille et m’invite à monter à son étage pour que nous puissions avoir une discussion sur mes connaissances de l’émission et sur mon parcours professionnel. Je parle donc sans appréhension pendant environ cinq minutes et vient le temps des questions. Ce moment,  je le redoutais un peu car un bègue ne réfléchit pas toujours avant de parler. Il commence des phrases longues entrecoupées de « heu… » ou de « je je je j…suis ac…ac…tuellement  en rrrrrecherche ddd’emploi… ». Je voulais réussir cet entretien alors j’ai fait semblant de réfléchir à la réponse de la question qu’elle m’avait posée. Je la regarde dans les yeux en me disant dans ma tête « soit tu fonces et tu parles quel que soit le prix à payer de sa réaction, soit tu es une incapable ». J’ai parlé. Dans la vie, quelques fois, on se sous-estime beaucoup, un bègue est trop dure avec lui-même. Après mon passage d’entretien terminé, elle me parle de faire des émissions pour le dimanche, d’être filmée, des horaires de travail… Je lui réponds d’emblée que je suis bègue et que je ne sais pas si ça pose problème pour l’émission. Elle me répond directement « vous bégayez ? Ça ne se voit pas du tout ! On vous mettra à l’aise ça ne fait rien ». Au final, je n’ai pas été prise pour réaliser les projets (du fait de mon jeune âge) mais ce que je retiens c’est que l’entretien s’est bien passé, j’ai dit ce que je voulais dire. Qui sait ? Peut-être que j’aurai une seconde chance ? Un bègue se restreint à parler, à dire ce qu’il/elle pense. Les gens en face de nous pensent qu’on ne sait pas, que l’on ne connait pas de réponses à leurs questions. Il faut simplement oser et ne pas se poser la question : « Est-ce que j’ai bien parlé ? Est-ce qu’il/elle me trouvera bête de parler de cette façon ? ». Se poser trop de questions nuit à notre santé mentale et physique. Une bègue qui se présente à une émission de TV alors qu’elle a du mal à parler, a l’angoisse qui lui monte dans la gorge, a la voix qui tremble quand elle veut commencer une phrase, il faut en avoir du cran….je l’ai fait ! A qui le tour ?

Ma deuxième anecdote s’est déroulée il y a quelques jours alors que je me rendais en transports en commun à l’entreprise de jardin où je suis intérimaire. Deux RER puis un bus me mènent jusqu’au fin fond de l’Essonne (91) pour que je puisse arriver jusqu’à mon travail. Je me trompe souvent de bus et je rencontre toutes sortes de gens, de chauffeurs de bus très sympathiques (une fois que je me suis ENCORE trompée de bus, je suis obligée de les aborder). C’était un matin tôt où je me sentais très fatiguée, je me suis rendue compte que le bus en question ne s’arrêtait pas à ma station. Vous vous dites peut-être : « Elle se trompe de bus à son âge !! » et bien non, je prends bien la ligne 9 comme d’habitude mais il y a différents bus dans la ligne 9. Une fois seule dans le bus, je m’approche du conducteur en essayant de prononcer le nom de ma station pour savoir où est-ce que je peux prendre le bus le plus proche. Je bute sur le nom pendant minimum dix minutes. Je perds patience et lui avoue que je suis bègue (ça, il l’avait sans doute compris). J’arrive soudainement à prononcer ces deux mots, il me dit « ça arrive de bégayer à tout le monde ». Je me détends et on parle pendant tout le trajet, il m’amène à côté de mon travail, je ne prends pas de bus supplémentaire, tout s’est déroulé bien mieux que je n’aurais pu l’imaginer. J’allais arriver en direction de Jouy en Josas si je n’avais pas dit au chauffeur que j’étais totalement perdue ! Tout ceci nous a amené à parler de tout et de rien, être bègue ne lui a pas posé de problème. Le problème c’est notre hypersensibilité et de se demander toujours comment les gens autour de nous trouvent notre parole. A chaque fois que je vois ce chauffeur, je ne bégaye pas un instant, je suis à l’aise, on s’apprécie. La vie, c’est aussi ces petits moments de complicité avec des inconnus qu’on ne reverra peut-être jamais.

Ma dernière anecdote se passe dans la maternelle où je travaille, quelques fois, pour remplacer des maîtresses absentes. J’y suis attachée depuis environ quatre ans. Ce fut mon premier emploi, ça ne s’oublie pas. Les enfants sont imprévisibles, leurs paroles nous touchent, ils nous étonnent et nous font vivre. Que demander de plus qu’un petit qui vous tend la main pour venir jouer avec lui/elle dans la cour de récréation ? Qu’avons-nous de plus précieux que le sourire d’un enfant qui s’esquisse juste après une rivière de larmes versées à cause d’un jouet pris par un camarade ? Je me suis dit un jour, gardant une classe entière d’enfants de quatre à six ans, que j’allais leur faire des jeux, leur raconter des histoires et bien sûr leur donner le travail que leur maîtresse leur avait préparé. Au lieu de lire des histoires dans leurs livres,  j’ai préféré en inventer une. J’avais peur de bégayer devant eux mais j’ai pris mon courage à deux mains et au pire je leur expliquerai ce qu’il m’arrive. Au fil de l’histoire, je me suis rendu compte que j’étais rentrée avec eux dans ma propre histoire, mes pensées étaient entièrement tournées vers mon invention et non pas sur mon élocution. Les petits yeux des enfants étaient écarquillés, ils étaient tous assis par terre, les jambes croisées. Une fois l’histoire finie, les petits m’ont dit que j’inventais « trop bien » les histoires et qu’ils avaient hâte que je les garde encore « à l’infini ». Le soir même, une maman vient vers moi à la sortie des classes en me disant que sa fille ne lui parle que de moi, qu’elle m’adore.  La petite me tend un dessin fait la veille chez elle, elle ne voulait pas que sa mère le voit. Je l’ouvre, une tête était dessinée avec une bouche qui ne sourit pas. Elle me dit : « ça c’est toi dès fois à l’école tu es triste mais je n’ai pas dessiné les oreilles, fais les toi ». Elle a remarqué que malgré mon sourire et mes éclats de rires avec eux, au fond de moi je n’allais pas bien. Les enfants peuvent nous en apprendre sur nous bien plus que l’on ne peut l’imaginer. Comment réagiriez-vous cher(e) inconnu(e) face à une petite qui vous dit cela ? Je retenais mes émotions en me disant « Comment voit elle tout ça ? ».

J’espère que cette lettre vous fera sourire, réfléchir (un peu mais pas trop) ou encore que vous conseillerez certaines personnes bègues si vous en croisez en chemin. L’espoir fait vivre certes, mais il faut se donner les moyens de réaliser ses rêves, de faire ce que nous voulons faire, de se sentir libre. Etant bègue, je redouble d’efforts pour arriver à mes fins et j’espère aider ne serait-ce qu’une personne parmi des milliers à se dire que la vie c’est : L’ESPOIR. Battez-vous, ne renoncez pas. Vous, inconnu(e), je ne sais pas dans quelle situation vous vous trouvez. Vous qui lisez ma lettre, ma plume vous a-t-elle plu ?

Je vous souhaite beaucoup de belles choses cher(e) inconnu(e) où que vous soyez, quoi que vous décidiez. Faites votre chemin en souriant et en gardant toujours espoir que tout est réalisable.

Amicalement,

Sarah. »

 

Alors, qu’en as-tu pensé ? Perso, j’ai adoré. Et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai eu envie de te la partager. J’attends tes réactions en commentaires ou sur ma page Facebook !

A bientôt !

Romain

 

 

 

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Comment j’ai trouvé mon premier travail ?

janvier 22, 2013

Salut à toi ami lecteur ou amie lectrice !

On se retrouve cette semaine pour parler du marché du travail. J’ai trouvé un travail récemment et je voulais en profiter pour en parler ensemble. Car, si tu es comme moi, j’imagine que tu doutes ou a déjà douté sur ta capacité à t’épanouir professionnellement. Au travail, tu es obligé de parler (au moins pour discuter avec tes collègues). Parfois, tu es même obligé de défendre tes idées, de répondre au téléphone ou de faire une présentation. Bref, que de situations de communication génératrices de stress pour une personne qui bégaie. En tout cas, c’était et ce sont encore les miennes.

 

Fin des études et recherche de premier travail.

Après avoir fini mon stage, il y’a quelques mois, et avec mon diplôme en poche, je me suis retrouvé sur le marché du travail. C’est une étape qui n’est facile à franchir pour personne. Et surtout pour une personne qui bégaie. Je me voyais en train d’envoyer des tonnes de CVs et lettres de motivation, passer des tonnes d’entretiens par téléphone ou en direct (et galérer à cause du stress que cela engendre) et surtout devoir apprendre à tenir un poste à responsabilité (bac+5 oblige). Bref, je dois te l’avouer : pour la première fois de ma vie, j’étais terrorisé. Presque tétanisé même. C’est pourquoi j’ai profité de l’occasion que m’offrait mon père de créer son site pour procrastiner à mort. J’ai donc tout remis au lendemain et je me suis concentré sur un projet personnel.

J’ai passé quelques mois sans faire de recherche. Je n’ai envoyé aucun CV, aucune lettre de motivation et je n’ai donc passé aucun entretien (ça tombe sous le sens). Et figure toi que ça m’allait bien. J’avais mon projet que je voulais mener à bien, je faisais les horaires que je voulais et j’avançais peu à peu. Avec le recul, c’est quelque chose que je te conseille de faire. Plutôt que de foncer tête baissée dans le premier poste qui vient, si tu as l’occasion (ce n’est pas toujours le cas malheureusement), profites-en pour te poser quelques mois. Pour ma part, ça m’a permis de m’occuper de mon bégaiement et de prendre un peu plus confiance en moi.

Comment j’ai trouvé mon travail ?

C’est la question que tu te poses surement. En fait, c’est plutôt lui qui m’a trouvé. Parfois, je me dis que j’ai eu de la chance… L’entreprise qui m’a recruté m’a contacté sur un réseau social professionnel. J’ai rappelé, j’ai passé un entretien et le lendemain, on m’a confirmé mon embauche. Je suis Rédacteur Web dans une entreprise spécialisée dans le référencement web. J’écris à longueur de journée des textes pour des sites. Avec ma musique dans les oreilles, je prends mon pied, je te l’avoue. Surtout que l’ambiance est très amicale et agréable. Tout le monde sait que je bégaie (je l’ai annoncé lors de l’entretien) et on m’a donné une demi-journée par semaine pour poursuivre mes thérapies. Bref, je suis super content de ce que j’ai trouvé.

Donc, oui, peut-être que j’ai eu de la chance. Mais peut-être aussi que j’ai provoqué cette chance. Sans mon activité en ligne, personne ne m’aurait contacté. Si j’en suis où je suis aujourd’hui, c’est grâce à mon passif. Grâce à ce blog, grâce au site que j’ai créé de A à Z, grâce à mes formations et grâce (peut-être) au bégaiement qui montre que je suis quelqu’un de combatif. Voilà d’ailleurs un message positif à faire passer : une personne handicapée est une personne qui est obligé d’être combative. Sinon, autant se tirer une balle et abandonner tout de suite.

Pendant un moment, j’ai songé à devenir travailleur handicapé. Et je l’aurai sûrement fait si je n’avais pas été embauché (bien que selon mon conseiller Pole-emploi, cela prenne de 6 à 8 mois pour que le dossier soit accepté… ou non…). Dans un contexte de récession économique et d’augmentation du chômage, je me disais qu’il est forcément plus difficile pour une personne handicapée de passer devant des personnes « normales » (je le mets entre guillemets car ces termes sont à nuancer). Et je suis persuadé d’avoir raison. Surtout pour des métiers où la communication orale est primordiale.

Alors, du haut de mes 26 ans (bientôt 27, attention !), s’il y’a un conseil que je peux te donner, toi lecteur qui cherche un travail, c’est de réfléchir au meilleur moyen de vendre ton bégaiement et comment le positiver. Et surtout, de réfléchir au métier que tu souhaites et que tu PEUX faire. Pour ma part, sortant de BAC+5 d’une Ecole de Commerce, je me destine à un métier où il faut parler, beaucoup parler. Et c’est ça qui m’empoisonnait. Le plus dur a été de me dire que ce n’est pas ce que je veux pour le moment. On verra plus tard, quand j’aurai pris de la confiance en moi, en mes capacités et compétences professionnelles

Et toi, tu en es où professionnellement ? Si tu as envie de faire partager ton expérience, les commentaires, juste en-dessous, sont là pour ça. Ou tu peux aussi venir me voir sur ma page Facebook ou m’écrire un mail. J’adore échanger ! :) Pour ma part, cela fait deux semaines que j’ai commencé. Je t’en raconterai plus bien sûr quand j’en aurai plus à te raconter.

A dans deux semaines !

Romain

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L’acupuncture est-elle efficace contre le bégaiement ?

janvier 8, 2013

Salut !

J’espère que tu as passé de bonnes fêtes de fin d’année ? Moi, j’ai été super gâté et j’ai pris 15Kg ! Etre en couple, c’est aussi l’avantage de passer Noël chez sa famille et chez celle de sa copine (ou son copain selon ses préférences). 2 jours continus de bouffe et cadeaux ! Le rêve !

Mais je ne suis pas là pour parler de prise de poids. Il y’a quelques jours, je finissais ma dernière séance d’acupuncture contre le stress, les tensions et le fait de mal dormir la nuit. Tu sais, cette discipline chinoise masochiste qui consiste à planter des aiguilles sur tout le corps pour favoriser une meilleure circulation du flux interne ? C’est un ami de mon père qui m’a présenté un vieux maître chinois. Anecdote amusante : il ne parle pas français. Au début, je pense que tu peux imaginer que j’étais sceptique. Surtout que les seules discussions que nous avions étaient  « Ca va ? » ou « Sensation ? » (pour savoir si ça me faisait mal ou si je ressentais un truc) et moi je ne répondais que par un « ça va » tremblotant. Sans l’ami de mon père pour me servir de traducteur, c’était un peu difficile. Et donc, ça m’a empêché de comprendre les mécanismes de cette discipline. Je fais donc cet article pour te parler de mon ressenti. Si tu veux parler technique, je t’invite à chercher sur Google ou sur Wikipédia. Ils pourront mieux te renseigner que moi malheureusement…

 

La base de l’acupuncture : les aiguilles.

Et bien oui, tu t’en doutes, si tu as peur des aiguilles, je te souhaite bien du courage. Car ce n’est pas une piqûre que tu vas devoir subir mais des dizaines par séance (quoique cela peut être plus facile si tu t’évanouis à la première piqûre). Pour ma part, il me piquait principalement au niveau des chevilles, au milieu des tibias, tout autour du genou droit (à cause d’un mal de genoux à cet endroit), sur les cuisses, entre le pouce et l’index, au niveau des poignets, au niveau des coudes (vers l’intérieur), sur le crane (à l’arrière et 2 ou 3 fois sur le devant, à la limite des cheveux), sur les sourcils (juste au-dessus du nez), sur les tempes, au-dessus de la lèvre et parfois au-dessus du menton. Bien sûr, pour les jambes et les bras, il me piquait de la même façon à gauche et à droite. Si c’est pas très clair, c’est pas grave. Tu auras juste à compter pour te rendre compte de ce que tu devras aussi endurer si tu veux t’y essayer.

Ensuite, il mettait des pinces crocodiles à certains endroits (souvent au niveau des jambes) pour m’envoyer des décharges douces. A la dernière séance, il m’a branché au niveau du crâne. Déjà que les coups de jus (à intervalles réguliers d’une seconde) ne sont pas très agréables. Mais quand ils furent au niveau du crâne, je n’ai vraiment pas fait mon malin.

Il me laissait comme ça pendant un certain temps (je dirai approximativement entre 5 et 10min). Puis, il enlevait toutes les aiguilles en massant fortement des points précis. Ensuite, il en plantait deux aux pires endroits : au niveau de la jointure du cou et de la tête à gauche et à droite (j’imagine que l’un des deux points est l’aorte mais pour l’autre, j’en sais rien). La sensation est vraiment désagréable.

Enfin, comme j’avais mal au dos et au genou, il me mettait des sortes de ventouses pendant 5/10min. Ce qui est marrant c’est la trace qu’elles laissaient sur le corps. Elles laissaient une sorte de trace noire ronde qui restait pendant 2/3 jours. Ça a bien fait rire mes proches la première fois… C’est comme une grosse succion mais noirâtre. Et la séance finissait comme ça, au bout de 45min/1h de « torture ».

 

L’acupcunture, c’est efficace ?

A vrai dire, je ne pourrais pas te dire si l’acupuncture est efficace ou non. Pour le bégaiement, je ne pense pas que ce soit très utile. C’est pourquoi j’ai demandé d’être traité contre le stress et la tension. Mais j’ai quand même ressenti quelques effets.

Il faut savoir que j’ai fait 15 séances (c’était ce qu’avait prescrit mon bourreau). Durant les premières séances, je n’ai rien ressenti du tout à part une petite gêne due aux piqûres. Car oui, parfois, j’ai bien ressenti les piqûres. Surtout que ça arrivait qu’il triturait l’aiguille pour l’amener à un point précis. C’était pas toujours très agréable. Mais au fur et à mesure, j’ai ressenti quelques trucs sympas. Déjà, ce qui est marrant, c’est quand il retirait les aiguilles du bras droit et qu’il massait fort, je ressentais une forte chaleur se diffuser sur tout mon bras. Bizarrement, ça ne le faisait pas du côté gauche. D’après lui, c’est normal. Je n’ai pas pu avoir d’autres explications (toujours cette fâcheuse barrière de la langue).

Ensuite, au fur et à mesure des séances, je commençais à me détendre (même parfois à m’endormir). Et après les séances, j’ai remarqué qu’il était plus facile de parler. Ça ne durait pas mais c’était une sensation agréable. Je n’étais pas fluide à 100% mais je bégayais moins c’est clair. Et mes proches l’ont aussi remarqué. Aussi, j’ai l’impression que je dors mieux et que j’ai moins de mal à tomber dans les bras de Morphée (bien que j’ai la fâcheuse habitude de m’endormir devant une série…).

Bref, j’ai eu l’impression qu’il y’a eu un changement. Je ne sais pas trop à quoi c’est dû mais il y’a eu un changement, c’est clair. Et après chaque séance, je me sentais plus détendu et reposé. Après ce premier aperçu, j’irai bien voir un acupuncteur parlant français pour pouvoir lui poser plein de question. Je dois avouer que la discipline m’intéresse.

Dans tous les cas, si tu n’as pas peur des piqûres, je te conseille d’essayer. Tu me diras ce que tu en as pensé. Et si tu en as déjà fait l’expérience, ça m’intéresse d’avoir ton ressenti vis-à-vis de l’acupuncture. Et encore une fois, un petit « j’aime », un commentaire ou un partage fait toujours plaisir. Donc si tu as aimé l’article, je compte sur toi :) .

A dans deux semaines !

Romain

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