En mai, bégaie comme il te plait !
Salut à toi ami(e) qui bégaie ou ami(e) tout court !
Ça fait longtemps que je ne t’ai pas parlé de moi. Ces derniers temps, j’ai préféré laisser ma place à des lecteurs qui avaient envie de nous apporter d’émouvants témoignages. Cette fois, pour mon retour sur mon propre blog, j’ai envie de revenir sur l’évolution de mon bégaiement depuis ces derniers mois.
L’évolution de mon bégaiement
Comme à son habitude, il est très fluctuant. Je pense que tu sais ce que c’est. Parfois, je me dis « ouah c’est trop bien, je suis super fluide !» mais ce n’est que pour mieux replonger ensuite. La thérapie avançant, je remarque quand même une tendance générale à l’amélioration. Bon, c’est pas encore ça mais globalement, j’ai l’impression que les choses s’améliorent.
Déjà, je m’efforce de faire de plus en plus de pauses dans mon discours. Ces pauses rythment plus facilement mon débit de parole et le fluidifient. Il y’a encore pas mal de travail mais ça m’encourage à continuer sur ce chemin.
J’ai aussi l’impression que je commence à prendre confiance en moi au niveau de mon travail. Et ça joue énormément sur ma parole même si j’ai toujours autant de mal à poser des questions. Quand je discute, pas de soucis. Mais quand je dois poser une question, aie aie aie. Je me dis que cela doit venir du fait que je suis en besoin par rapport à mon interlocuteur. Et bizarrement, je n’aime pas ça. J’aime bien qu’on ait besoin de moi mais je n’aime pas avoir besoin des autres. Sujet à travailler avec la psy
.
Sinon, j’ai toujours autant de mal avec le téléphone. Cet outil du diable me donne bien des angoisses. D’ailleurs, pour l’anecdote, avec ma copine, on cherche un appartement (on vient d’ailleurs de trouver, ouhouh champagne !) et je lui ai laissé tout faire. Je lui ai laissé prendre le téléphone car je ne me sentais pas capable de passer un appel important. A court terme, ça me rassurait que ce soit elle qui le fasse mais à long terme, je ne sais pas si c’est très bon finalement. Tu en penses quoi toi ?
Questions et théorie personnelle sur mon bégaiement
Je ne sais plus si je te l’ai dit mais je continue à aller au Self-Help (malgré une pause d’un mois ou deux). Je t’encourage d’ailleurs franchement à y aller toi aussi. Je sais que je me répète et tu vas sans doute me trouver lourd mais ça fait énormément de bien de pouvoir bégayer devant des personnes qui ont le même problème et qui t’écoutent avec bienveillance. Et surtout, ça permet d’en apprendre un peu plus sur le bégaiement. D’ailleurs, les dernières séances étaient hyper intéressantes. Pour te résumer, on devait parler chacun notre tour des pires moments de bégaiements, des moments où il ne nous dérange pas et, pour finir, on devait évoquer les situations où il est le plus handicapant.
Sans grande surprise, les situations qui sont revenues chez la quinzaine de participants sont la prise de parole en public (principalement devant des inconnus), le téléphone, la prise de parole devant des inconnus (en privé ou au travail) et les tours de table où l’on doit se présenter à tour de rôle. Mais ce qui m’a le plus intéressé était le moment où chacun devait évoquer son pire moment de bégaiement. Ce moment qui reste gravé dans notre mémoire où notre faiblesse nous a particulièrement handicapé et nous a fait prendre conscience, pour la première fois, de celui-ci. Et j’ai cru comprendre que, chez chacun, ce moment était lié à un événement traumatisant de notre enfance.
Ca m’a d’ailleurs donné l’idée d’un schéma du bégaiement que j’ai appelé, en toute modestie, « la théorie des noeuds » (à ne pas confondre avec la « théorie des cordes ») dont je te parlerai dans le prochain article. J’en ai parlé avec mon orthophoniste et elle a étayé ma thèse en me donnant un document recensant les facteurs du bégaiement chez un enfant. Ils sont classés en 3 thèmes : les prédisposants, les précipitants et ceux qui le font perdurer. Très intéressant ! Encore du boulot pour la psy tiens ahah ! Mais on en parlera dans quelques semaines.
En résumé…
Ainsi, pour résumer ces quelques mois : ça avance. Lentement… Très lentement même… Mais j’ai l’impression que les choses bougent. Même concernant le téléphone, j’ai l’impression que ça frétille. Pas de quoi sauter au plafond mais ça bouge à l’intérieur. Mon but en ce moment : progresser lentement, avancer pas à pas et monter une marche après l’autre en espérant ne pas redescendre à cause de trop grosses difficultés que j’ai du mal à affronter (que de métaphores en une seule phrase).
Et toi, tu en es où ? Est ce que tu entreprends des choses qui permettent à ton bégaiement d’évoluer (positivement ou négativement) ? Viens m’en parler dans les commentaires, ça m’intéresse !
En attendant, je te souhaite une excellente semaine !
A bientôt !
Romain